À moins de trois mois des élections législatives du 23 septembre, plus de 130 associations et réseaux réunis au sein du Forum Azzahrae pour la femme marocaine interpellent les partis politiques. Dans un mémorandum, elles proposent la création d’un fonds national destiné à soutenir le mariage des jeunes et avancent une série de mesures financières, fiscales et sociales pour encourager la création de familles et répondre au recul préoccupant de la nuptialité au Maroc.
À l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre, la question du soutien aux jeunes souhaitant fonder un foyer s’invite dans le débat politique. Plus de 130 associations et réseaux membres du Forum Azzahrae pour la femme marocaine ont adressé un mémorandum aux partis politiques, les appelant à inscrire dans leurs programmes électoraux des mesures concrètes en faveur du mariage des jeunes et du renforcement de la politique familiale.
Au cœur de leurs propositions figure la création d’un fonds national dédié au soutien du mariage. Ce mécanisme aurait pour objectif d’alléger les charges financières qui pèsent sur les futurs époux et de faciliter la constitution d’un foyer, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès au logement et les contraintes du marché de l’emploi.
Les associations plaident pour la mise en place d’un dispositif combinant plusieurs formes d’accompagnement. Elles proposent notamment l’octroi de subventions directes et non remboursables afin de couvrir une partie des dépenses liées au mariage, ainsi que des prêts sans intérêt, remboursables sur une période pouvant aller jusqu’à quatre ans, destinés principalement aux jeunes ménages aux revenus modestes ou intermédiaires.
Le mémorandum recommande également de réserver un accès prioritaire aux programmes de logement subventionné pour les couples récemment mariés et de renforcer la protection sociale des jeunes familles, tout en prévoyant un accompagnement spécifique pour les étudiants mariés.
Lire aussi: Famille marocaine: ce qui change vraiment (et ce que ça dit de nous)
Parmi les mesures les plus originales figure un mécanisme d’allègement progressif des prêts en fonction de l’agrandissement de la famille. Inspiré d’expériences menées dans d’autres pays, ce dispositif prévoit l’annulation de 25 % du montant du prêt à la naissance du premier enfant, de 50 % après le deuxième, puis son effacement total à partir du troisième enfant.
Les signataires proposent également plusieurs incitations fiscales destinées à soutenir les familles. Ils recommandent des réductions progressives de l’impôt sur le revenu en fonction du nombre d’enfants, une exonération temporaire de deux ans pour les jeunes mères après chaque naissance ainsi que la suppression de la TVA sur plusieurs produits essentiels destinés aux nourrissons, notamment le lait infantile, les couches, certains médicaments et les sièges automobiles.
Au-delà du soutien financier, le Forum insiste sur l’importance d’un accompagnement des futurs époux à travers des formations et des consultations familiales. Selon les associations, cette approche permettrait de renforcer la stabilité des ménages en conciliant responsabilités familiales et aspirations individuelles.
Cette initiative intervient dans un contexte démographique jugé préoccupant par les associations. Elles alertent sur la baisse continue du nombre de mariages au Maroc et sur le recul du taux de fécondité, deux évolutions qu’elles attribuent notamment à la hausse des coûts de constitution d’un foyer, aux difficultés économiques et à l’accès de plus en plus complexe au logement.
Estimant que la famille demeure le principal socle de solidarité et de protection sociale au Maroc, les signataires invitent désormais les partis politiques à intégrer ces propositions dans leurs programmes en vue des prochaines élections, avec l’ambition de faire du soutien aux jeunes ménages un axe majeur des futures politiques publiques.

