Une étude allemande confirme la faisabilité technique du tunnel sous le détroit de Gibraltar, un projet titanesque visant à relier le Maroc et l’Espagne par voie ferroviaire. Estimé à 8,5 milliards d’euros, ce chantier emblématique pourrait entrer dans sa phase exploratoire dès 2027.
Le rêve d’un tunnel reliant l’Afrique à l’Europe se rapproche un peu plus de la réalité. Une étude menée par la société allemande Herrenknecht, spécialiste mondial du creusement de tunnels, conclut que le projet de liaison sous-marine entre le Maroc et l’Espagne est désormais techniquement réalisable.
Commandée par la Société espagnole d’études pour la communication fixe du détroit de Gibraltar (Secegsa), relevant du ministère espagnol des Transports, l’étude évalue le coût global à 8,5 milliards d’euros et confirme la possibilité de surmonter les défis géologiques majeurs, notamment au niveau du seuil de Camarinal, l’un des points les plus complexes du tracé sous-marin.
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Le rapport, remis au gouvernement espagnol en juin dernier, ouvre la voie à une phase d’analyse et de planification. Madrid prévoit de lancer un appel d’offres d’ici 2026, avant une décision conjointe avec Rabat en 2027 pour le démarrage du premier tunnel exploratoire. Ce dernier, long d’environ 65 kilomètres — dont 40 côté espagnol — constituerait la première étape du projet.
Une délégation mixte maroco-espagnole, associant la Secegsa et la SNED, s’est récemment rendue en Norvège pour étudier le chantier du tunnel Rogfast, le plus long et le plus profond actuellement en construction dans le monde. Parallèlement, des études de sismicité et de fond marin sont menées avec l’appui du Service géologique des États-Unis (USGS).
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Les prévisions les plus optimistes évoquent un début des travaux autour de 2030, année du Mondial de football coorganisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. D’autres estiment un calendrier plus réaliste entre 2035 et 2040.
Au-delà du transport de passagers et de marchandises, le futur tunnel pourrait également accueillir des interconnexions électriques et de fibre optique, faisant du détroit de Gibraltar un nouvel axe stratégique de connectivité énergétique et numérique entre les deux continents.

