Portés par un modèle basé sur la formation et l’exportation des talents, les clubs marocains s’imposent comme les leaders du marché des transferts dans le monde arabe en termes de revenus, loin devant des pays pourtant beaucoup plus dépensiers.
Les clubs marocains confirment leur domination sur le marché des transferts dans le monde arabe, non pas par leurs dépenses, mais par leur capacité à générer des revenus. Selon le rapport « Mercato East 2025 », ils occupent la première place sur la période 2021-2025 avec un total estimé à 42,7 millions de dollars, loin devant leurs concurrents régionaux.
Cette performance illustre la transformation progressive du modèle économique du football marocain, désormais centré sur la formation, la valorisation et l’exportation des talents vers les championnats étrangers. En 2025, les clubs marocains ont ainsi dégagé près de 11 millions de dollars de bénéfices, en hausse de 33 % par rapport à 2024. Les ventes de joueurs ont atteint environ 18 millions de dollars, pour des investissements estimés à seulement 7 millions, confirmant une logique de rentabilité.
À l’échelle régionale, les pays d’Afrique du Nord dominent largement en matière de revenus issus des transferts. La Tunisie se classe deuxième avec 13 millions de dollars sur cinq ans, suivie par l’Algérie (8,3 millions) et l’Égypte (5,5 millions). Cette hiérarchie contraste fortement avec celle des dépenses, largement dominée par les clubs du Golfe.
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En effet, le marché arabe des transferts a connu une explosion en 2025, avec des dépenses atteignant 1,185 milliard de dollars, en hausse de 77 % sur un an. Sur cinq ans, les clubs arabes ont investi plus de 3,3 milliards de dollars dans le recrutement de joueurs étrangers. Cette dynamique est principalement portée par l’Arabie saoudite, dont les clubs représentent à eux seuls plus de 76 % des dépenses en 2025, suivis du Qatar et des Émirats arabes unis.
Dans ce contexte, le modèle marocain apparaît singulier. Alors que les clubs du Golfe misent sur des investissements massifs pour attirer des stars internationales, les clubs marocains privilégient une approche durable, fondée sur la formation locale et la revente de joueurs. Cette stratégie leur permet de tirer profit de la mondialisation du marché des transferts tout en limitant les risques financiers.
La progression du Maroc sur ce segment s’inscrit également dans une dynamique plus large de montée en puissance du football national, portée par de meilleures structures de formation et une visibilité accrue sur la scène internationale. Elle confirme surtout une réalité : dans un marché dominé par les dépenses, le Maroc s’impose comme le champion de la rentabilité.

