Le géant chinois Tinci Materials confirme un investissement de 280 millions de dollars au Maroc pour y implanter une usine de production de composants pour batteries électriques. Ce projet industriel stratégique, qui s’inscrit dans un contexte mondial de course aux matériaux critiques, renforce l’ambition du Royaume de devenir un hub incontournable de la mobilité électrique et des énergies propres.
Le groupe chinois Guangzhou Tinci Materials Technology, acteur mondial de premier plan dans les matériaux pour batteries lithium-ion, a conclu un accord d’investissement stratégique avec les autorités marocaines, annoncé officiellement le 11 juin 2025. Ce partenariat prévoit la construction d’une méga-usine à Jorf Lasfar, près d’El Jadida, dédiée à la production de composants chimiques essentiels pour batteries électriques : électrolytes, hexafluorophosphate de lithium (LiPF6), et matériaux à base de phosphate de fer et de lithium.
Le montant de l’investissement s’élève à 280 millions de dollars (près de 2,8 milliards de dirhams), avec à la clé une capacité annuelle annoncée de 300 000 tonnes, répartie comme suit : 150 000 tonnes d’électrolytes, 100 000 tonnes de LiPF6, et 50 000 tonnes de matériaux LFP. Le projet, inscrit dans la stratégie industrielle verte du Maroc, bénéficiera du soutien de l’État à travers des incitations conditionnées à des critères de performance industrielle, sociale et environnementale.
Ce choix stratégique de Tinci s’explique par les atouts compétitifs du Maroc : position géographique privilégiée, climat d’affaires attractif, accès à des ressources minières comme la phosphorite, et accords commerciaux avantageux — notamment le traité de libre-échange avec les États-Unis. Le groupe chinois a même décidé de relocaliser au Maroc un projet initialement prévu en République tchèque, suite à des obstacles rencontrés en Europe de l’Est.
L’arrivée de Tinci s’ajoute à une vague d’investissements sino-coréens dans l’écosystème marocain des batteries. Parmi eux : les projets conjoints de LG Energy Solution avec Yahua Industrial pour produire de l’hydroxyde de lithium, ou encore celui de Huayou et LG Chem pour une usine de LFP prévue en 2026. Tous ces projets visent à renforcer une chaîne d’approvisionnement intégrée pour répondre à la demande croissante de batteries électriques, dans un contexte géopolitique tendu marqué par la rivalité commerciale sino-américaine.
Le Maroc, grâce à ces implantations stratégiques, se positionne comme un futur centre industriel incontournable dans le secteur des énergies renouvelables et de la mobilité électrique à l’échelle mondiale.

