Washington laisse planer la menace de sanctions contre l’Algérie après la confirmation de la livraison de chasseurs russes Su-57E. Un dossier sensible suivi de près par l’administration américaine, sur fond de tensions géopolitiques et d’application de la loi CAATSA.
La perspective de sanctions américaines contre l’Algérie refait surface après la confirmation de l’acquisition par Alger d’avions de combat russes de dernière génération. Auditionné devant la commission des affaires étrangères du Sénat, un haut responsable du département d’État a reconnu que Washington suit ce dossier de près, dans un contexte de tensions accrues autour des relations militaires avec Moscou.
Interrogé sur les informations faisant état de la livraison de chasseurs russes à l’Algérie, Robert Palladino, chef du bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État américain, a déclaré que ces rapports étaient « préoccupants » et qu’ils avaient bien été portés à l’attention de l’administration. Il a rappelé que les États-Unis demeurent légalement tenus par la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act), qui prévoit des sanctions contre les pays engageant des transactions militaires significatives avec la Russie.
Selon le diplomate américain, « des transactions de cette nature peuvent conduire à une telle qualification », précisant que la situation ferait l’objet d’une surveillance continue. Il n’a pas exclu la tenue d’échanges plus approfondis avec les sénateurs à huis clos, signe que le dossier est désormais traité à un niveau politique sensible à Washington.
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Tout en soulignant que les États-Unis continuent de coopérer avec Alger sur certains dossiers où des intérêts communs existent, Robert Palladino a admis que les divergences demeurent importantes. L’achat d’équipements militaires russes figure, selon lui, parmi les points de friction majeurs dans la relation bilatérale. Il a indiqué que Washington recourt à ses leviers de pression, le plus souvent de manière discrète, pour défendre ses intérêts stratégiques et dissuader des comportements jugés incompatibles avec ses orientations.
Ces déclarations interviennent alors que la Russie a officiellement annoncé la livraison à l’Algérie de deux chasseurs Su-57E, version export du Su-57, à l’occasion du salon aéronautique de Dubaï. Selon un responsable du constructeur russe, les appareils sont déjà entrés en service opérationnel.
Alger aurait commandé quatorze appareils dans le cadre d’un accord conclu en 2021, avec un calendrier de livraisons échelonné jusqu’en 2027. Avec cette acquisition, l’Algérie devient le premier pays africain et arabe à se doter d’un chasseur russe de cinquième génération, une évolution que Moscou présente comme un facteur de supériorité aérienne régionale.

