Face à une pression hydrique mondiale de plus en plus critique, la Banque mondiale lance l’initiative « Water Forward », un programme d’envergure visant à sécuriser l’accès à l’eau pour plus d’un milliard de personnes d’ici 2030. Le Maroc, déjà engagé dans une stratégie massive de dessalement et d’infrastructures hydrauliques, figure parmi les pays directement concernés par cette nouvelle dynamique internationale.
La Banque mondiale a officiellement lancé « Water Forward », une plateforme mondiale destinée à renforcer la sécurité hydrique dans les pays les plus exposés au stress de l’eau. Ce programme, développé avec plusieurs institutions financières internationales, ambitionne d’améliorer l’accès à des services d’eau fiables, tout en renforçant la résilience des systèmes face aux sécheresses et aux inondations.
Selon l’institution de Bretton Woods, l’eau représente un enjeu central pour les économies modernes, puisqu’elle conditionne la santé publique, la production alimentaire et les systèmes énergétiques, tout en soutenant près de 1,7 milliard d’emplois dans le monde. Aujourd’hui, environ 4 milliards de personnes vivent dans des zones confrontées à une pénurie d’eau, un chiffre qui illustre l’ampleur du défi.
Le programme vise à dépasser les blocages actuels qui freinent les investissements dans le secteur hydrique. Il prévoit d’accompagner les pays en développement dans la mise en place de systèmes plus robustes, capables d’améliorer la productivité, de soutenir les moyens de subsistance et d’attirer davantage d’investissements privés. Il met également l’accent sur la réforme des institutions, l’amélioration de la gestion financière du secteur et la préparation de projets finançables à grande échelle.
Lire aussi: El Niño 2026: faut-il craindre un retour de la sécheresse au Maroc ?
La Banque mondiale ambitionne, à travers cette initiative, d’élargir son impact en matière de sécurité hydrique pour dépasser le cap d’un milliard de bénéficiaires d’ici 2030, en complément d’un engagement déjà existant visant 400 millions de personnes.
Dans ce contexte mondial tendu, le Maroc apparaît comme un pays particulièrement concerné. Confronté à un stress hydrique structurel, le Royaume a engagé depuis plusieurs années une stratégie d’adaptation fondée sur le dessalement de l’eau de mer, la modernisation des réseaux d’irrigation et la construction d’infrastructures majeures. L’objectif national est d’atteindre une capacité de dessalement de 1,7 milliard de m³ par an à l’horizon 2030, contre environ 350 millions actuellement.
Des projets structurants sont en cours, notamment de grandes stations de dessalement et des programmes de transfert d’eau interrégionaux, représentant des investissements estimés à plusieurs dizaines de milliards de dirhams. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique globale où la gestion de l’eau devient un facteur clé de compétitivité économique.
Pour les experts, l’initiative « Water Forward » pourrait intensifier la concurrence internationale pour les financements et les technologies liées à l’eau. Dans un contexte de raréfaction des ressources, les pays les plus exposés devront accélérer leurs réformes et investissements afin de sécuriser leur avenir hydrique.

