À l’approche de l’Aïd Al-Adha, le gouvernement marocain obtient le feu vert du Conseil de la concurrence pour encadrer temporairement les marchés de vente de moutons. Face aux risques de spéculation et de flambée des prix, plusieurs mesures exceptionnelles ont été décidées afin de protéger les consommateurs et garantir la transparence des transactions.
Le Conseil de la concurrence a donné un avis favorable à la mise en place de mesures temporaires destinées à réguler les marchés de vente des moutons de l’Aïd Al-Adha. Saisi par le Chef du gouvernement, l’organisme estime que les conditions prévues par la loi pour une intervention exceptionnelle sur les prix et l’organisation du marché sont réunies.
Dans son avis n°3/26, le Conseil rappelle que la loi n°104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence consacre le principe de libre formation des prix. Toutefois, cette même législation autorise une intervention des pouvoirs publics en cas de situation anormale du marché, notamment lorsque des pratiques spéculatives ou des perturbations importantes menacent l’équilibre de l’offre et de la demande.
Selon le Conseil, le marché des ovins connaît, à l’approche de l’Aïd, une pression exceptionnelle liée à une demande massive concentrée sur une courte période. Cette situation favorise l’apparition de pratiques contraires à une concurrence saine, telles que la spéculation, le stockage illégal des animaux pour créer une rareté artificielle ou encore la revente spéculative par des intermédiaires.
L’autorité de la concurrence estime ainsi que ces comportements portent atteinte à la transparence des transactions commerciales et affectent directement le pouvoir d’achat des consommateurs.
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Dans la foulée de cet avis, un arrêté du Chef du gouvernement publié au Bulletin officiel prévoit plusieurs mesures exceptionnelles applicables jusqu’au 3 juin 2026. Le texte impose notamment que la vente des moutons destinés à l’Aïd soit réalisée exclusivement dans des marchés aménagés et autorisés, à l’exception de certaines ventes directes, notamment au niveau des exploitations agricoles.
Les vendeurs devront également déclarer leur identité, le nombre d’animaux proposés à la vente ainsi que leur provenance avant d’accéder aux marchés concernés.
Le dispositif interdit par ailleurs l’achat d’ovins dans le but de les revendre à l’intérieur des marchés, ainsi que toute pratique visant à manipuler artificiellement les prix, notamment les surenchères destinées à influencer le marché.
Le stockage des animaux hors des circuits de commercialisation dans l’objectif de provoquer une pénurie ou une hausse artificielle des prix est également prohibé.
À travers ces mesures, les autorités entendent garantir un fonctionnement plus transparent du marché, préserver une concurrence loyale et limiter les dérives spéculatives observées durant cette période de forte consommation.

