Le Syndicat National de la Presse Marocaine traverse une zone de turbulences après la démission collective des membres de son bureau régional à Marrakech. Dans un communiqué sévère, les démissionnaires pointent du doigt des pratiques jugées opaques et contraires à l’éthique syndicale, orchestrées selon eux par des figures de la direction nationale. Cette rupture marque un épisode inédit et inquiétant dans l’histoire du syndicat.
Un véritable tremblement de terre organisationnel frappe la section régionale de Marrakech du Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM). L’ensemble des membres du bureau local, ainsi que les représentants de la région au sein du conseil national fédéral, ont annoncé leur démission collective, dans un geste fort de protestation contre ce qu’ils décrivent comme des dysfonctionnements graves émanant de la direction centrale.
Dans un communiqué diffusé le 12 juin, les membres démissionnaires dénoncent des pratiques qu’ils jugent contraires à l’éthique syndicale, pointant du doigt l’attitude de certains responsables nationaux du syndicat. Le point de rupture a été atteint lorsqu’une personne, totalement extérieure au SNPM et à ses structures officielles, aurait été mandatée par des figures de la direction pour entreprendre des démarches formelles auprès des autorités régionales dans le cadre des préparatifs d’un congrès international que le syndicat envisageait d’organiser à Marrakech.
Cette personne, bien que dénuée de toute légitimité syndicale, aurait pris part à des réunions officielles avec les services de la wilaya et du conseil régional en se prévalant du nom du SNPM — une initiative prise sans la moindre consultation ni information préalable du bureau local. Ce dernier s’est vu mis à l’écart d’une action qu’il considère comme relevant directement de ses prérogatives.
Selon les signataires du communiqué, cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large de gestion opaque. Ils accusent la direction nationale d’avoir facilité, voire couvert, une opération de médiation entachée d’opacité, autour d’un projet d’investissement privé porté par un ressortissant étranger. Cette initiative, menée hors de tout cadre transparent ou officiel, aurait sérieusement porté atteinte à la crédibilité du bureau régional, dont les membres se sont retrouvés injustement exposés à des soupçons de collusion.
Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte inacceptable à leur intégrité morale et professionnelle, les membres du bureau de Marrakech affirment avoir tenté à plusieurs reprises d’alerter la direction centrale. Ils déclarent avoir interpellé directement le président du syndicat, réclamant des éclaircissements officiels ainsi qu’un communiqué public les innocentant des agissements en question. Mais malgré les engagements verbaux à ouvrir un dialogue et organiser une rencontre, aucune mesure concrète n’a été prise. Ce silence, estiment-ils, a fini par entériner leur décision irrévocable de se retirer collectivement de toutes les structures du syndicat.
Cette démission en chaîne suscite une onde de choc dans le milieu médiatique marocain. Plusieurs professionnels de la presse appellent désormais à l’ouverture d’une enquête approfondie pour faire la lumière sur les conditions de cette crise, qu’ils considèrent comme révélatrice d’un dysfonctionnement structurel majeur au sein du SNPM. Au-delà des tensions internes, cette affaire pose des questions cruciales sur la gouvernance, la transparence et l’éthique dans la gestion des instances représentatives de la profession.
Ainsi, à l’heure où la confiance dans les structures syndicales est plus que jamais nécessaire pour défendre les droits des journalistes, cette affaire risque de laisser une empreinte durable sur l’image et la légitimité du Syndicat National de la Presse Marocaine.

