Une déclaration du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, évoquant une Afrique composée de « 55 États », suscite interrogations et débats, notamment au regard des positions historiques du Sénégal sur la question du Sahara.
Lors d’une conférence tenue à Dakar, aux côtés de Pascal Boniface, Ousmane Sonko a exposé sa vision du développement et de la souveraineté africaine. Mais c’est une phrase en particulier qui a retenu l’attention : en affirmant que le continent compte « 55 États », le chef du gouvernement sénégalais a ravivé une sensibilité diplomatique liée à la question du Sahara.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulier. Le Sénégal est historiquement l’un des soutiens les plus constants de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, matérialisé notamment par l’ouverture d’un consulat à Dakhla et un appui régulier dans les instances internationales. Dès lors, cette référence aux « 55 États », incluant implicitement la « RASD », apparaît en décalage avec la position officielle de Dakar.
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Pour certains observateurs, cette sortie pourrait relever d’un simple lapsus ou d’une référence technique au nombre de membres de l’Union africaine. Pour d’autres, elle pourrait constituer un signal politique, dans un contexte où Ousmane Sonko revendique une diplomatie « souveraine », affranchie des orientations traditionnelles.
Au-delà de la déclaration elle-même, cet épisode s’inscrit dans un climat de relations maroco-sénégalaises récemment marqué par des tensions, notamment autour de la finale de la CAN 2025 et des différends portés devant le Tribunal arbitral du sport. Si Rabat a adopté une posture mesurée, Dakar a multiplié les initiatives médiatiques et juridiques.
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Pour autant, ces frictions conjoncturelles ne semblent pas remettre en cause la profondeur des relations bilatérales. Les deux pays partagent des liens historiques solides et ont récemment renforcé leur coopération à travers la signature de plusieurs accords lors d’une commission mixte.

