Avec des actifs en hausse et des fondamentaux solides, le secteur bancaire marocain demeure dominé par un noyau restreint de grands groupes privés. Le rapport annuel de Bank Al-Maghrib souligne cette concentration structurelle tout en appelant à diversifier le marché pour soutenir la concurrence et l’innovation.
Le rapport annuel 2024 sur la stabilité financière, publié par Bank Al-Maghrib en collaboration avec l’ACAPS et l’AMMC, confirme la forte concentration du secteur bancaire marocain. Trois groupes systémiques à capital privé et majoritairement marocain concentrent plus de 60 % des actifs, des crédits et des dépôts, tandis que les cinq premières banques contrôlent plus de 75 % du marché.
En 2024, les actifs du secteur bancaire ont progressé de 8,3 % pour atteindre 2.145 MMDH, un niveau équivalant à 134 % du PIB. Cette hausse s’explique principalement par le rebond des activités de marché et la croissance modérée des crédits. La finance participative poursuit également son expansion, avec une progression de 19 % des emplois des banques et fenêtres participatives, atteignant 39 MMDH.
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Le rapport note aussi un renforcement du poids des banques privées marocaines, soutenu par la restructuration de certains groupes et le retrait progressif de certaines filiales étrangères. Les banques publiques, elles, maintiennent une part de marché d’environ 20 %, jouant leur rôle dans l’inclusion financière et le financement des projets stratégiques.
Malgré cette concentration, Bank Al-Maghrib estime que le secteur conserve des fondamentaux solides – rentabilité, liquidité et fonds propres – mais appelle à une vigilance accrue sur la concurrence et l’innovation, notamment dans des segments clés comme le crédit à la consommation, le crédit-bail et les paiements mobiles.

