L’Espagne s’apprête à tourner la page d’un demi-siècle de secret d’État. Une réforme majeure sur les archives classifiées pourrait révéler, dès 2026, des documents sensibles sur le Sahara et réécrire une partie de l’histoire diplomatique entre Rabat et Madrid.
Fin juillet 2025, le gouvernement espagnol a adopté un projet de loi historique visant à remplacer la loi sur les secrets officiels de 1968, héritée du régime franquiste. Ce texte, qui doit encore être validé par le Parlement, introduit une déclassification progressive des documents officiels — avec un délai maximal de 60 ans — et interdit de classer comme confidentielles les informations relatives à des violations graves des droits humains.
Derrière cette réforme technique se cache un enjeu diplomatique majeur : la possible ouverture, dès 2026, d’archives cruciales sur le retrait espagnol du Sahara en 1975, la Marche verte et les accords de Madrid. Ces documents, verrouillés depuis des décennies, pourraient éclairer les coulisses de cette période et, potentiellement, confirmer la légitimité du Maroc sur son Sahara à travers les propres archives de l’ancienne puissance coloniale.
Pour Rabat, il s’agit d’une occasion unique de rétablir des vérités historiques longtemps tues. Si les archives confirment que Madrid reconnaissait de facto la souveraineté marocaine ou négociait en ce sens, ce serait un atout de poids dans la bataille diplomatique internationale. Au-delà de l’histoire, c’est donc aussi un dossier de souveraineté et de mémoire nationale qui se joue.

