Des difficultés d’approvisionnement en carburants ont été signalées ces derniers jours dans plusieurs régions du Royaume, en lien direct avec des retards de navires transportant des produits pétroliers. Les ports stratégiques de Mohammedia, Tanger Med et Jorf Lasfar font face à des perturbations causées par des conditions météorologiques défavorables, marquées par des vents forts et une houle importante ayant empêché l’accostage et le déchargement de cargaisons essentielles.
Selon des sources professionnelles, ces retards ont généré des tensions locales dans la distribution. Des stations-service à Casablanca, Rabat et dans le Souss ont fait état de ruptures ponctuelles de gasoil et d’essence, avec des livraisons différées de 48 à 72 heures. Si aucune pénurie généralisée n’est officiellement confirmée à ce stade, la multiplication des files d’attente dans certaines zones alimente l’inquiétude des automobilistes et des transporteurs.
Le Maroc importe plus de 90% de ses produits pétroliers par voie maritime, ce qui rend la chaîne d’approvisionnement particulièrement sensible aux aléas climatiques. Les derniers bulletins météorologiques font état de vents dépassant les 50 km/h et d’une houle de 3 à 4 mètres au large des côtes atlantiques, contraignant plusieurs navires à rester à l’ancre.
Mohammedia, principal hub national des carburants, qui traite près de 60% des importations, a vu ses opérations ralentir sensiblement ces dernières 72 heures. Tanger Med et Jorf Lasfar, axes clés pour les flux énergétiques et industriels, subissent des perturbations similaires. Les importateurs évoquent une situation conjoncturelle, tout en soulignant la fragilité du dispositif actuel face à ce type d’événement.
Dans ce contexte, l’absence de communication officielle du gouvernement et du Groupement des Pétroliers du Maroc suscite des critiques. Sur les réseaux sociaux, des messages dénoncent un manque d’anticipation et de transparence, tandis que des professionnels du transport routier s’inquiètent des répercussions sur leurs activités.
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Des observateurs rappellent pourtant l’existence de stocks stratégiques, généralement estimés entre 20 et 25 jours de consommation. Mais faute d’informations claires sur leur niveau réel et sur le calendrier de retour à la normale, les rumeurs et comportements de précaution continuent de se propager.
Cet épisode remet en lumière la question de la résilience énergétique du Maroc. La dépendance aux importations, renforcée par l’arrêt de la raffinerie Samir depuis 2015, expose le Royaume aux chocs climatiques et géopolitiques. Les tensions sur certaines routes maritimes internationales accentuent encore cette vulnérabilité.
La stratégie énergétique nationale prévoit le renforcement des capacités portuaires et l’élargissement des réserves, mais les avancées restent progressives. À court terme, les professionnels anticipent un retour graduel à la normale avec l’amélioration attendue des conditions météorologiques dans les prochaines 48 heures.
En attendant, les appels à la modération se multiplient. Cette crise ponctuelle souligne, une nouvelle fois, l’urgence d’investissements structurels pour sécuriser durablement l’approvisionnement énergétique du pays.

