Après plusieurs mois de négociations autour des conditions financières et techniques, Royal Air Maroc a conclu un accord avec Starlink, la filiale de SpaceX d’Elon Musk, pour déployer le Wi-Fi satellitaire sur l’ensemble de sa flotte. Le dispositif doit être progressivement mis en place, avec un objectif de généralisation en 2027, faisant de RAM le premier transporteur africain à adopter cette technologie.
Royal Air Maroc accélère sa transformation numérique. La compagnie nationale marocaine a signé, le 4 août, un accord avec Starlink portant sur le déploiement de la connexion internet satellitaire à bord de l’ensemble de sa flotte, selon les informations rapportées par Africa Intelligence.
Le projet avait fait l’objet de plusieurs mois de discussions, notamment autour de son coût et des conditions techniques de son déploiement. Le prix du service avait constitué l’un des principaux points de blocage, alors que RAM jugeait initialement l’offre de Starlink trop élevée.
Les deux parties sont finalement parvenues à un accord permettant à la compagnie marocaine d’accélérer son calendrier. Alors que les premières projections faisaient état d’une mise en service plus tardive, Royal Air Maroc vise désormais un déploiement progressif avec une généralisation du service à l’ensemble de sa flotte à l’horizon 2027.
RAM mise sur un nouvel argument de compétitivité
Pour la compagnie nationale, l’enjeu dépasse largement le simple confort proposé aux passagers. La connectivité à bord devient progressivement un critère de différenciation pour les compagnies aériennes, au même titre que la qualité des cabines, le réseau ou les services proposés aux voyageurs.
Avec Starlink, RAM entend ainsi accompagner la modernisation et l’expansion de sa flotte tout en renforçant son positionnement sur les liaisons internationales.
La technologie de l’opérateur américain repose sur un réseau de satellites en orbite basse, permettant théoriquement de proposer une connexion plus rapide et plus stable que certaines solutions traditionnelles utilisées dans l’aviation.
Le déploiement devrait d’abord passer par une phase de tests sur certains appareils avant une montée en puissance sur le reste de la flotte.
Une première pour une compagnie africaine
Cet accord place Royal Air Maroc parmi les premières compagnies du continent à adopter la technologie Starlink pour ses passagers.
L’Afrique reste encore relativement peu équipée en matière de connectivité à bord. Ethiopian Airlines propose déjà du Wi-Fi à ses voyageurs, notamment grâce à une solution reposant sur la technologie en bande Ka. Avec Starlink, RAM fait toutefois le choix d’une technologie reposant sur une constellation de satellites en orbite basse.
Cette décision pourrait également donner à la compagnie marocaine une longueur d’avance sur plusieurs de ses concurrents régionaux, alors que les transporteurs africains cherchent à améliorer leur expérience passager et leur compétitivité sur les marchés internationaux.
Un réseau déjà présent dans l’aviation européenne
Le choix de Starlink intervient également dans un environnement où la technologie de SpaceX gagne rapidement du terrain auprès des compagnies aériennes.
Le groupe américain a notamment conclu un partenariat avec Air France, qui a commencé à déployer le Wi-Fi Starlink sur ses appareils à partir de 2025. La coexistence des deux compagnies sur plusieurs grands corridors internationaux renforce donc l’intérêt stratégique du choix effectué par RAM.
Pour Starlink, l’accord marocain représente également une opération importante. S’associer à la compagnie nationale d’un pays disposant d’une position géographique stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord constitue une porte d’entrée supplémentaire vers le marché aérien africain.
Le coût reste un enjeu
Si l’accord est désormais acté, ses conditions financières n’ont pas été rendues publiques. Le prix du service pour les passagers n’a pas non plus été précisé.
La question du coût avait pourtant été au cœur des discussions entre les deux parties. Le déploiement d’une telle technologie implique en effet des investissements liés à l’installation des équipements à bord, à leur maintenance ainsi qu’à l’utilisation du réseau satellitaire.
Le modèle commercial retenu par Royal Air Maroc devra donc encore être précisé : accès gratuit pour les passagers, service inclus selon la classe de voyage ou formule payante.
La connectivité devient un nouvel enjeu dans l’aviation africaine
Avec cet accord, Royal Air Maroc ne se contente pas de moderniser son offre numérique. La compagnie entend aussi accompagner la transformation de l’expérience de voyage à bord de ses avions.
À terme, les passagers pourront bénéficier d’une connexion permettant notamment de rester en contact avec leurs proches, de travailler ou d’accéder à des services en ligne pendant le vol.
Pour Starlink, le contrat avec RAM constitue parallèlement une vitrine sur le continent africain. Pour la compagnie marocaine, il s’agit de transformer la connectivité en nouvel avantage concurrentiel alors que la bataille entre transporteurs se joue désormais aussi sur les services proposés durant le vol.

