Les réserves de change du Maroc atteignent des niveaux historiques, portées par l’essor du tourisme, la vigueur des exportations industrielles et la hausse continue des transferts de la diaspora. En dix ans, le matelas financier géré par Bank Al-Maghrib a doublé, renforçant la résilience extérieure du Royaume dans un contexte international incertain.
Les réserves de change du Maroc ont franchi un seuil inédit en 2025, atteignant plus de 431 milliards de dirhams selon les données les plus récentes de Bank Al-Maghrib. Ce niveau, équivalent à près de 47 milliards de dollars et à plus de cinq mois d’importations de biens et services , consacre une décennie d’accumulation continue. En 2015, les avoirs officiels de réserve s’élevaient à 215 milliards de dirhams ; ils auront ainsi doublé en dix ans.
Cette progression s’explique par plusieurs moteurs structurels. Le tourisme, devenu une véritable locomotive, a battu tous les records avec 18 millions de visiteurs à fin novembre et des recettes qui dépassent déjà celles de 2024. Les investissements directs étrangers ont également affiché une dynamique remarquable, atteignant 45,4 milliards de dirhams à fin octobre, traduisant une confiance renouvelée des investisseurs internationaux. Les transferts des Marocains du monde, bien qu’en légère progression seulement, demeurent une source stable et essentielle d’entrées en devises.
L’exportation demeure un pilier, portée notamment par la montée en puissance de l’industrie automobile, dont les ventes devraient rebondir de 20% en 2026, et par la solidité du secteur des phosphates. Ces performances renforcent la capacité du pays à générer des revenus extérieurs réguliers.
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Bank Al-Maghrib gère ces réserves selon des principes stricts de sécurité, de liquidité et de rendement, en privilégiant des placements en obligations bien notées, en devises convertibles, en DTS et en or. Le métal jaune, bien qu’il ne génère pas de revenu direct, contribue mécaniquement à l’appréciation du portefeuille en période de flambée des cours mondiaux.
Le Trésor profite également de la bonne tenue des réserves : les dividendes versés par la banque centrale ont atteint 4,1 milliards de dirhams fin octobre, un milliard de plus que l’an dernier.
Selon les projections, les réserves devraient continuer leur ascension pour atteindre 434,5 milliards de dirhams en 2026. Cette évolution conforte la solidité financière du Royaume et offre à la politique monétaire une marge de manœuvre précieuse face aux chocs extérieurs. Dans un monde marqué par les incertitudes géopolitiques et économiques, le Maroc dispose désormais d’un matelas de sécurité robuste, garant de stabilité et de crédibilité.

