Le gouvernement espagnol franchit un cap majeur en matière de politique migratoire. Un décret royal, approuvé le 14 avril 2026, instaure une procédure exceptionnelle de régularisation administrative qui pourrait concerner près de 500.000 migrants en situation irrégulière sur le territoire.
Cette initiative, inédite par son ampleur, vise à intégrer durablement une partie importante de la population étrangère sans statut légal, tout en répondant aux besoins économiques du pays, notamment dans des secteurs en tension comme l’agriculture ou le bâtiment.
Avant même l’entrée en vigueur officielle du dispositif, prévue avec la publication du décret le 15 avril, une forte mobilisation a été observée parmi les migrants, en particulier les Marocains. Dans plusieurs villes, et notamment à Almería, des files d’attente impressionnantes se sont formées devant les consulats du Maroc. Des milliers de personnes s’y sont rendues pour obtenir des documents indispensables à leur dossier, en premier lieu le casier judiciaire.
Selon des estimations, environ 20.000 Marocains pourraient être directement concernés par cette régularisation, dans un pays où le nombre total de migrants en situation irrégulière est évalué à plus de 800.000. Si la majorité provient d’Amérique latine, les ressortissants marocains figurent parmi les principales nationalités africaines concernées.
Sur le plan pratique, les demandes pourront être déposées en ligne à partir du 16 avril, via une plateforme dédiée, tandis que les démarches en présentiel débuteront le 20 avril, exclusivement sur rendez-vous. Les candidats auront jusqu’au 30 juin pour soumettre leur dossier.
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Pour être éligibles, les demandeurs devront prouver une présence continue en Espagne d’au moins cinq mois avant la demande, ne pas disposer de casier judiciaire et ne représenter aucun risque pour l’ordre public. Le dossier exigera notamment une pièce d’identité valide, des justificatifs de présence sur le territoire et des extraits de casier judiciaire des pays concernés.
En cas d’acceptation, les bénéficiaires obtiendront une autorisation de séjour et de travail valable un an, ouvrant l’accès à une série de droits fondamentaux : emploi légal, accès au logement, couverture sociale, création d’entreprise ou encore souscription à des assurances.
Au-delà de son impact social, cette régularisation répond également à des enjeux économiques. En intégrant ces travailleurs dans l’économie formelle, les autorités espagnoles espèrent élargir l’assiette fiscale et combler les besoins en main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés.
Pour accompagner ce processus, un dispositif spécifique a été mis en place, mobilisant associations, syndicats et professionnels afin d’assister les demandeurs dans leurs démarches. Les autorités appellent toutefois à privilégier les procédures numériques afin d’éviter les engorgements constatés ces derniers jours.
Cette régularisation pourrait ainsi marquer un tournant majeur dans la gestion migratoire en Espagne, tout en offrant à des milliers de migrants, dont de nombreux Marocains, une opportunité de stabilisation et d’intégration durable.

