Portées par une forte hausse de l’impôt sur les sociétés et le revenu, les recettes fiscales marocaines ont dépassé les 144 milliards de dirhams en cinq mois, signant une progression historique de 16,7%. Décryptage d’une dynamique structurelle qui confirme la transformation du système fiscal.
Les recettes fiscales marocaines poursuivent leur envol en 2025, confirmant la dynamique entamée ces dernières années. À fin mai, elles atteignent plus de 144,25 milliards de dirhams, en hausse de 16,7% par rapport à la même période en 2024, selon le ministère de l’Économie et des Finances. Ce chiffre représente 45,1% des prévisions annuelles de la Loi de finances.
Impôt sur les sociétés (IS) :
C’est le grand moteur de cette croissance, avec une progression spectaculaire de +34,5%, représentant 51,9% des prévisions annuelles. Les recouvrements spontanés ont explosé (+11,1 MMDH), portés notamment par la régularisation et les acomptes.
Impôt sur le revenu (IR) :
En hausse de +27,6%, il bénéficie largement de l’opération de régularisation fiscale volontaire lancée en janvier 2025, qui a généré à elle seule 3,8 MMDH, et d’un contrôle fiscal renforcé (+1,8 MMDH). L’IR sur les salaires suit la tendance (+738 MDH).
TVA :
Les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée s’établissent à 39,64 MMDH (+4,4%), tirées par la TVA à l’importation (+7,1%), tandis que la TVA intérieure reste stable. Les remboursements ont doublé à 8 MMDH, illustrant un effort étatique d’apurement.
TIC, timbre et enregistrement :
Les Taxes intérieures de consommation (TIC) bondissent de +13,6%, portées par les produits énergétiques. Les droits d’enregistrement et de timbre augmentent de +7,3%, en lien avec la bonne tenue de la taxe spéciale sur les véhicules et du secteur immobilier.
Droits de douane en repli :
À l’inverse, les recettes douanières reculent de -8,6%, à 6,75 MMDH, du fait d’un probable recul des importations soumises à taxation.
Recettes non fiscales :
Elles atteignent 11,9 MMDH (+25,2%), dopées notamment par les contributions de Bank Al-Maghrib (3,8 MMDH) et de l’Agence de la conservation foncière (1,5 MMDH).

