Le Maroc a franchi un pas important dans l’encadrement de la publicité des médicaments avec l’adoption d’un nouveau décret, publié dans le Bulletin Officiel n° 7363. Il introduit des mesures strictes pour la publicité destinée tant au grand public qu’aux professionnels de santé.
La publicité des médicaments destinée au grand public est désormais soumise à une autorisation préalable, appelée « Visa de publicité », délivrée par l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS). Cette autorisation ne peut être accordée que si le médicament n’est ni retiré du marché ni suspendu de distribution.
Pour obtenir ce visa, les laboratoires pharmaceutiques doivent soumettre un dossier complet comprenant des informations détaillées sur le produit, son autorisation de mise sur le marché (AMM), ainsi que les supports publicitaires envisagés. Les messages doivent inclure un avertissement clair : « Consultez un médecin en cas de persistance des symptômes. »
L’AMMPS dispose d’un délai de 60 jours pour examiner les dossiers, avec la possibilité de demander des compléments d’information si nécessaire. En cas de non-conformité ou de non-respect des exigences, l’agence peut suspendre ou retirer le visa de publicité.
Pour les publicités adressées aux professionnels de santé, comme les médecins, pharmaciens ou autres spécialistes habilités à prescrire ou dispenser des médicaments, les règles diffèrent légèrement. Les laboratoires doivent soumettre une demande à l’AMMPS, accompagnée d’un dossier contenant des informations sur le médicament et les supports promotionnels.
Contrairement à la publicité grand public, les laboratoires peuvent commencer la diffusion de leur message 15 jours après le dépôt de la demande, sauf observations contraires de l’agence. Cependant, l’AMMPS conserve le droit de demander des ajustements pour garantir la conformité.
En attendant que l’AMMPS devienne pleinement opérationnelle, les demandes d’autorisation continueront d’être traitées par la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) sous la supervision du ministre de la Santé.
Le décret prévoit également des obligations pour la mise à jour des informations publicitaires. Les laboratoires doivent notamment fournir une déclaration sur l’honneur attestant qu’aucune modification n’a été apportée aux informations initiales lors des demandes de renouvellement.
Avec ce nouveau cadre réglementaire, le Maroc entend lutter contre l’anarchie dans la publicité des médicaments, exacerbée par l’usage des réseaux sociaux. Ce texte vise à garantir que les messages publicitaires soient clairs, responsables, et qu’ils servent avant tout à protéger la santé publique tout en préservant la confiance dans les produits pharmaceutiques.

