L’Association nationale des éleveurs de poulets de chair (ANPC) tire la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide de la situation économique des producteurs marocains. Confrontés à des prix de vente largement inférieurs aux coûts de production, de nombreux éleveurs se retrouvent en grande difficulté financière, faisant craindre des répercussions sur l’ensemble de la filière avicole et sur l’approvisionnement du marché national.
La filière avicole marocaine traverse une zone de fortes turbulences. Dans un communiqué publié le 8 juin, l’Association nationale des éleveurs de poulets de chair (ANPC) a alerté sur une crise qu’elle qualifie d’exceptionnelle, marquée par un effondrement des prix à la production et une dégradation inquiétante de la situation financière des éleveurs.
Selon l’organisation professionnelle, le prix du kilogramme de poulet vivant est désormais tombé sous la barre des 7 dirhams à la sortie des exploitations, alors que le coût réel de production est estimé entre 15 et 17 dirhams. Cet écart considérable oblige les producteurs à vendre à perte, entraînant des déficits qui dépassent parfois la moitié des montants investis dans les cycles d’élevage.
L’ANPC affirme que cette situation fragilise gravement la trésorerie des exploitations et place un nombre croissant d’éleveurs au bord de la faillite. Pour l’association, les difficultés actuelles ne relèvent pas uniquement des fluctuations du marché, mais traduisent l’existence de déséquilibres structurels qui affectent durablement la rentabilité du secteur.
Les professionnels pointent notamment l’absence de mécanismes de régulation suffisamment efficaces, la multiplication des pratiques spéculatives, le poids des intermédiaires dans la chaîne de commercialisation ainsi que le manque de protection accordée aux petits producteurs. Selon eux, ces facteurs contribuent à accentuer les distorsions du marché et à faire peser l’essentiel des pertes sur les éleveurs.
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Au-delà de l’impact économique immédiat, l’association met en garde contre les conséquences à moyen et long terme pour la sécurité alimentaire du pays. La disparition progressive d’exploitations avicoles pourrait, selon elle, réduire les capacités de production nationales et affecter l’approvisionnement d’un secteur qui constitue l’une des principales sources de protéines animales pour les ménages marocains.
Face à cette situation, l’ANPC appelle les pouvoirs publics à agir rapidement. L’organisation réclame notamment l’ouverture d’une enquête sur les mécanismes de commercialisation de la volaille, un renforcement des contrôles contre les pratiques spéculatives et les situations de monopole, ainsi que la mise en place de mesures d’urgence destinées à soutenir les producteurs et à préserver l’outil de production national.
L’association plaide également pour une plus grande implication des représentants des éleveurs dans l’élaboration des politiques publiques touchant à la filière. Elle estime que la recherche d’un équilibre durable entre producteurs, distributeurs et consommateurs est devenue indispensable pour garantir la pérennité du secteur.
Alors que les tensions s’accentuent, les prochains mois seront décisifs pour l’avenir de la filière avicole marocaine. Pour les éleveurs, l’enjeu dépasse désormais la simple rentabilité économique : il s’agit également de préserver un secteur stratégique pour l’alimentation du pays et les revenus de milliers de familles qui en dépendent directement ou indirectement.

