L’Union des Petites Entreprises de Presse (UPEP) monte au créneau contre le projet de loi réorganisant le Conseil National de la Presse. Elle dénonce une réforme taillée sur mesure pour une minorité d’acteurs influents, qui met en péril la liberté de la presse, l’égalité des chances et le pluralisme médiatique au Maroc.
L’Union des Petites Entreprises de Presse a exprimé, samedi 5 juillet 2025, son rejet catégorique du projet de loi n°26.25 relatif à la réorganisation du Conseil National de la Presse, récemment adopté en Conseil de gouvernement. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion d’urgence de son bureau exécutif, l’Union déplore l’absence d’une approche participative dans l’élaboration du texte, qualifiant cette exclusion de « dérive grave » qui fragilise le principe d’autorégulation et porte atteinte à l’équilibre du paysage médiatique national.
Le projet est perçu par l’UPEP comme une manœuvre destinée à renforcer le pouvoir d’une poignée de grandes entreprises médiatiques au détriment de centaines de petites structures. L’UPEP pointe du doigt un dispositif législatif jugé discriminatoire, notamment la désignation des éditeurs — contrairement à l’élection des journalistes — au sein du futur Conseil, ce qui contrevient selon elle à l’article 28 de la Constitution garantissant l’indépendance du Conseil.
L’Union fustige également des critères de représentativité basés sur le capital financier, écartant de facto de nombreuses petites entreprises, pourtant actives et essentielles à la vitalité du journalisme local et indépendant. Cette logique, qualifiée d’« anticonstitutionnelle », risquerait de creuser davantage les inégalités dans un secteur déjà fragilisé.
Face à cette situation, l’UPEP annonce son intention de recourir à tous les moyens légaux, administratifs et protestataires pour faire barrage à ce qu’elle considère comme une régression des acquis démocratiques. Elle appelle les parlementaires à rejeter ce texte, et exhorte les acteurs syndicaux, professionnels et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pour préserver la liberté de la presse, la justice professionnelle et le pluralisme.

