Sous l’effet de la flambée des prix, le pouvoir d’achat des ménages marocains continue de se dégrader. Selon une enquête du Arab Barometer, près d’un tiers des Marocains ont été contraints de renoncer à un repas quotidien, signe d’une pression croissante sur les dépenses essentielles, malgré une situation encore moins critique que dans d’autres pays de la région.
La hausse persistante du coût de la vie commence à peser lourdement sur le quotidien des Marocains. D’après un récent sondage du Arab Barometer, 29% des personnes interrogées déclarent avoir été contraintes de sauter au moins un repas par jour, faute de moyens financiers suffisants.
Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par la montée des prix, largement alimentée par le renchérissement des produits importés, notamment les hydrocarbures. Un phénomène qui entraîne un effet domino sur l’ensemble des biens de consommation, fragilisant progressivement les équilibres budgétaires des ménages.
Face à cette pression, plus de la moitié des sondés (56%) affirment avoir réduit drastiquement leurs dépenses alimentaires. Une tendance qui reflète des arbitrages de plus en plus difficiles sur les besoins essentiels.
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Plus inquiétant encore, 33% des répondants redoutent de ne plus pouvoir accéder à une alimentation suffisante si la hausse des prix se poursuit, traduisant une montée des inquiétudes liées à la sécurité alimentaire.
Si ces chiffres illustrent une fragilisation réelle, ils restent toutefois inférieurs à ceux observés dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Dans certains pays voisins, près de la moitié des sondés déclarent sauter des repas, comme en Égypte et en Tunisie. Le phénomène touche également 45% des personnes interrogées en Jordanie et 35% en Irak, avec des niveaux encore plus élevés dans des zones en crise, notamment en Syrie, où la privation alimentaire atteint des proportions alarmantes.
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Dans ce contexte régional marqué par une insécurité alimentaire croissante, le Maroc apparaît relativement plus résilient. Toutefois, cette position ne masque pas une tendance de fond : l’érosion continue du pouvoir d’achat et la pression accrue sur les dépenses alimentaires.
Au-delà des comparaisons régionales, ces données constituent un signal d’alerte. La progression des prix, combinée aux effets des crises internationales et aux contraintes climatiques, notamment les années de sécheresse, accentue la vulnérabilité de certaines catégories de la population.
Si la situation reste maîtrisée à ce stade, elle met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien au pouvoir d’achat et d’anticiper les risques d’aggravation de l’insécurité alimentaire.

