La forte baisse des prix du poulet et des œufs au Maroc met le secteur avicole sous pression. Confrontés à une surproduction, à un recul saisonnier de la demande après l’Aïd Al-Adha et à des coûts de production toujours élevés, de nombreux éleveurs affirment vendre à perte et redoutent des difficultés durables pour l’ensemble de la filière.
Le secteur avicole marocain traverse une période particulièrement difficile. Alors que le prix du poulet à la sortie des fermes oscille entre 7 et 8 dirhams le kilogramme, son coût de production dépasse les 13 dirhams, selon les professionnels. Du côté des œufs, certains producteurs vendent l’unité entre 35 et 50 centimes, bien en dessous d’un coût de revient estimé à près de 90 centimes.
Cette situation s’explique principalement par une offre largement supérieure à la demande. Ces dernières années, les éleveurs ont augmenté leurs capacités de production afin de répondre aux besoins du marché, notamment dans un contexte de hausse des prix des viandes rouges. Mais la consommation n’a pas progressé au même rythme, créant un déséquilibre qui pèse aujourd’hui sur les prix.
Le phénomène s’est accentué avec l’Aïd Al-Adha. Avant la fête, de nombreux ménages réduisent leurs achats de volaille pour privilégier d’autres dépenses. Après l’Aïd, les stocks de viande conservés par les familles retardent également le retour de la demande vers le poulet et les œufs.
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À Casablanca, le prix du kilo de poulet dans les marchés de gros varie actuellement entre 8 et 9 dirhams, tandis qu’il avoisine 12 dirhams au détail. Une baisse jugée normale à cette période de l’année, mais dont l’ampleur inquiète les professionnels du secteur.
Les représentants de la filière alertent sur les conséquences économiques de cette situation. Les pertes accumulées fragilisent particulièrement les petits éleveurs, dont certains peinent à faire face à leurs charges et à leurs engagements financiers. Les professionnels craignent qu’une réduction du nombre d’exploitations n’entraîne, à terme, une baisse de la production nationale et un rebond des prix sur le marché.
Pour les acteurs du secteur, les solutions passent notamment par une meilleure régulation de la production, le développement des capacités de stockage et une anticipation plus efficace des variations saisonnières de la demande afin d’éviter que ces déséquilibres ne se reproduisent.

