La pastèque marocaine tient bon face aux défis climatiques et à la concurrence européenne
La campagne 2025 de la pastèque marocaine progresse à un rythme soutenu, malgré une météo capricieuse. Après une saison écourtée à Zagora en raison d’un épisode de grêle, c’est Taroudant qui vient de boucler ses récoltes, cédant la place à Kariat Ba Mhamed dans la région Fès-Meknès. Cette dernière fait face à des températures extrêmes avoisinant les 45 °C, mais maintient une dynamique de production impressionnante avec 8,5 millions de plants répartis sur 2 500 hectares.
Malgré une baisse du taux d’exportabilité des fruits dans cette région — passé de 80 % à 50 % à cause de la chaleur —, le volume total reste en nette progression par rapport à la saison précédente. Les professionnels du secteur saluent une amélioration globale de la qualité des fruits, ainsi qu’une meilleure maîtrise des aléas sanitaires, notamment grâce à des mesures ciblées contre le virus MWMV, dont la propagation a été limitée dans certaines zones, comme Taroudant, grâce à un changement de sources de plants.
Dans les stations de conditionnement, l’activité bat son plein. À Berkane, les volumes exportés ont déjà augmenté de 17 % par rapport à l’année précédente, alors que la campagne n’a pas encore atteint son pic. Les prochaines étapes de récolte dans les régions de Berkane et Larache devraient confirmer cette tendance, avec des volumes de pointe et une qualité élevée, et jusqu’à 80 % des récoltes destinées à l’exportation.
Sur le plan commercial, le marché européen demeure stable mais compétitif. L’arrivée des pastèques grecques et italiennes, réputées pour leur qualité, a entraîné une baisse des prix moyens du kilo marocain, passant de 0,95 $ à 0,80 $. Toutefois, les professionnels restent confiants dans leur capacité à maintenir les volumes exportés, grâce à la diversification des marques et des destinations : FazoFresh pour l’Allemagne et la Scandinavie, Fraîcheur de Berkane pour la France, Ayla pour l’Europe de l’Est.
Portée par des conditions climatiques favorables dans les régions clés, une logistique bien huilée et une stratégie commerciale affinée, la filière de la pastèque marocaine se prépare à une fin de saison sous le signe de la performance.

