Les États-Unis annoncent une revue stratégique de la MINURSO, dans le cadre d’une réforme globale des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Une initiative qui intervient à l’approche d’échéances clés au Conseil de sécurité et pourrait redéfinir l’avenir de la mission au Sahara.
Un tournant stratégique se profile dans le dossier du Sahara. Par la voix de leur représentant à l’ONU, Mike Waltz, les États-Unis ont officiellement annoncé le lancement d’une revue stratégique de la MINURSO, la mission onusienne déployée dans la région depuis près de 50 ans.
Cette annonce intervient dans un contexte de réforme plus large des opérations de maintien de la paix portée par Washington. L’administration américaine souhaite désormais conditionner le renouvellement des mandats à des résultats politiques concrets, rompant avec une logique jugée trop longtemps technocratique.
Dans cette perspective, les missions prolongées et coûteuses sont particulièrement ciblées. La MINURSO, présente depuis des décennies sans avancée politique décisive, est ainsi perçue comme emblématique de ces dispositifs à réévaluer. Les États-Unis entendent mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une dérive des missions, où la présence internationale finit par se substituer à une véritable solution politique.
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Cette dynamique s’inscrit également dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en octobre dernier, qui demande au secrétaire général António Guterres de présenter un examen stratégique de la mission dans un délai de six mois, soit avant la fin avril.
Ce repositionnement intervient alors que l’option du référendum, longtemps au cœur du mandat initial, a disparu des résolutions du Conseil de sécurité, au profit du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, qui constitue une solution réaliste et durable.
Plus largement, cette réévaluation s’inscrit dans un contexte international marqué par des contraintes budgétaires croissantes et une exigence accrue d’efficacité. Washington, principal contributeur au budget de l’ONU, pousse à une rationalisation des opérations, avec des réductions significatives déjà engagées dans plusieurs missions à travers le monde.

