Le vernissage de l’exposition collective “Transitions” a eu lieu jeudi soir à la galerie Myriem Himmich à Casablanca, dans le cadre de la 4ᵉ édition de la Nuit des Musées et des Espaces Culturels.
Réunissant 25 artistes marocains et internationaux, émergents et confirmés, cette exposition propose une immersion sensorielle autour des thèmes du mouvement, de la métamorphose et de l’impermanence. À travers des installations, des sculptures, des peintures ou encore des œuvres multimédias, elle interroge le rapport de l’être humain au temps, à l’espace, à la matière et à son environnement.
Offrant un parcours à la fois poétique et introspectif, “Transitions” invite le visiteur à ressentir plutôt qu’à interpréter, le guidant dans un voyage à travers des univers singuliers, où les formes et les matières se croisent, se superposent et se transforment. Le colibri, symbole de légèreté et de lumière, y est évoqué comme fil conducteur, ouvrant des passages entre les mondes et les sensibilités artistiques.
S’exprimant à cette occasion, le directeur des arts au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – département de la Culture, Hicham Abkari, a souligné que cette exposition s’inscrit dans une dynamique nationale qui va au-delà des musées pour inclure également les galeries et autres espaces culturels à travers tout le Royaume.
Il a précisé, dans une déclaration à la MAP, que “des grandes villes aux zones les plus reculées, tous les lieux accueillant des expositions participent à cette opération d’envergure, qui vise à valoriser l’art et les artistes marocains”.
“Le Maroc constitue un véritable carrefour de cultures, et cette initiative offre une occasion unique de découvrir la richesse de la scène artistique nationale, à travers toutes les générations d’artistes, des pionniers aux jeunes talents”, a-t-il ajouté.
Parmi les artistes présents, Tilde, artiste peintre installée au Maroc, a expliqué, dans une déclaration similaire, travailler avec la tempera, une technique ancienne à base de pigments et d’œufs, qu’elle qualifie de vivante et intemporelle. À travers cette matière naturelle, elle explore le thème du féminin sacré et la relation entre la Terre, la nature et la spiritualité, soulignant l’importance de la reconnexion à soi, à l’amour et au vivant.
Présent au vernissage, l’artiste-peintre Hamid Douieb, établi en Belgique, a indiqué que son travail repose sur un principe fondamental : laisser le regard du spectateur donner sens à l’œuvre. “Je propose une peinture construite, fidèle à la figuration, mais c’est ce que les autres en ressentent qui lui donne vie”, a-t-il affirmé, ajoutant qu’il travaille à l’huile selon des techniques inspirées des maîtres flamands, notamment les glacis.
Pour sa part, Sahar Saiagh, jeune artiste émergente, a présenté une série de toiles inspirées du cosmos et du système solaire. Passionnée par la science et l’univers, elle a expliqué que ses œuvres, réalisées à l’acrylique, mêlent observation scientifique et imaginaire personnel, loin des images conventionnelles. “J’essaie de représenter ce qui ne se voit pas sur Terre, de suggérer des matières, des mouvements et des structures encore inconnues, et d’éveiller la curiosité du spectateur face à l’inconnu”, a-t-elle déclaré.
Également exposé, l’acteur et artiste Karim Saidi a partagé sa démarche singulière autour du collage, qu’il pratique depuis plusieurs années en marge de ses tournages. “Quand d’autres sortent, je préfère rester dans ma chambre à découper des magazines et composer des collages à partir de ce qui me tombe sous la main : papier, paillettes, fragments d’images”, a-t-il confié.
Organisée par la Fondation Nationale des Musées (FNM), en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ainsi que la Fondation Jardin Majorelle, la Nuit des Musées et des Espaces Culturels a pour objectif de faire rayonner la richesse artistique et patrimoniale du Royaume, en offrant un accès libre et élargi aux musées et espaces culturels à travers l’ensemble du territoire national.

