Meta entre de plain-pied dans la course aux assistants de programmation dopés à l’intelligence artificielle avec Muse Code. Ce nouvel agent est capable de planifier un projet, d’écrire et d’exécuter du code, puis d’en vérifier les résultats. Avec une tarification agressive, le groupe de Mark Zuckerberg entend rivaliser avec les solutions d’OpenAI et d’Anthropic.
Meta accélère dans l’intelligence artificielle. Le groupe américain a dévoilé Muse Code, un nouvel agent conçu pour accompagner les développeurs tout au long du processus de création et de modification de logiciels. Disponible pour l’heure en version bêta, l’outil marque l’entrée de Meta sur l’un des segments les plus dynamiques de l’IA générative.
Contrairement aux assistants traditionnels capables de proposer ou de corriger des lignes de code à la demande, Muse Code est conçu pour prendre en charge des tâches plus complexes de manière autonome. L’agent peut analyser un projet, planifier les modifications nécessaires, découper le travail en plusieurs étapes, générer le code, l’exécuter et vérifier son fonctionnement.
L’outil peut également coordonner plusieurs « sous-agents » travaillant simultanément sur différentes parties d’un même projet. Cette approche dite « agentique » constitue l’une des principales évolutions actuelles de l’IA appliquée au développement logiciel.
Meta positionne ainsi Muse Code face à des solutions déjà bien installées comme Claude Code d’Anthropic et Codex d’OpenAI, tandis que GitHub Copilot, développé par Microsoft et GitHub, a largement contribué à populariser l’assistance à la programmation par IA.
Pour se faire une place sur ce marché très concurrentiel, Meta mise notamment sur les prix. Muse Code est proposé selon un modèle de facturation à l’usage, plutôt que sur la base d’un abonnement classique. Le groupe prévoit également une formule destinée aux utilisateurs qui acceptent de partager leurs interactions afin de contribuer à l’amélioration des modèles, avec un tarif annoncé comme plus de dix fois inférieur.
Muse Code fonctionne avec Muse Spark 1.2, la nouvelle version du modèle d’IA de Meta spécialement développée pour accompagner l’agent. Le groupe estime que l’association des deux outils permet d’obtenir de meilleures performances dans les tâches de programmation.
Meta veut toutefois laisser une certaine flexibilité aux développeurs. L’infrastructure de Muse Code peut être utilisée avec différents modèles d’intelligence artificielle, même si le groupe recommande l’utilisation conjointe de son propre agent et de Muse Spark.
La question de la confidentialité constitue également un axe important de la nouvelle offre. Meta prévoit une option de « zéro conservation des données » destinée notamment aux entreprises qui souhaitent que leurs informations ne soient ni conservées ni utilisées pour entraîner les modèles. Un dispositif particulièrement important pour les organisations amenées à traiter du code propriétaire ou des données sensibles.
Le lancement de Muse Code intervient alors que Meta cherche à accélérer sa transformation dans l’IA. Le groupe a considérablement renforcé ses investissements dans ce domaine et réorganisé ses équipes autour de Meta Superintelligence Labs, placée sous la direction d’Alexandr Wang.
Cette offensive intervient aussi dans un contexte de pression croissante sur les géants technologiques pour transformer leurs investissements massifs dans l’intelligence artificielle en nouvelles sources de revenus. Pour Meta, dont le modèle économique reste largement dépendant de la publicité, les assistants professionnels pourraient constituer un relais de monétisation supplémentaire.
Le groupe doit néanmoins composer avec une concurrence particulièrement forte. OpenAI et Anthropic disposent déjà d’outils largement adoptés par les développeurs, tandis que de nombreuses start-up spécialisées cherchent elles aussi à s’imposer dans le codage assisté par IA.
À travers Muse Code, Meta ne cherche donc pas seulement à proposer un nouvel outil aux programmeurs. Le groupe entend prendre position sur un marché où l’IA commence à intervenir directement dans la conception, l’écriture et la maintenance des logiciels, avec des agents capables de réaliser des tâches qui nécessitaient jusqu’ici une intervention humaine beaucoup plus importante.

