Signé en février 2026 à Washington en marge du « Ministerial on Critical Minerals », le mémorandum Maroc – États-Unis sur les minéraux critiques et les terres rares marque une étape majeure dans la géostratégie minière de Rabat. Cet accord, paraphé par Nasser Bourita et des représentants américains, renforce la coopération bilatérale autour des phosphates, du cobalt et des terres rares. Dans un contexte mondial de sécurisation des chaînes d’approvisionnement face à la domination asiatique, le Maroc s’impose comme un partenaire clé pour la transition énergétique et industrielle.
Le mémorandum d’entente conclu entre le Maroc et les États-Unis sur les minéraux critiques s’inscrit dans une dynamique globale de reconfiguration des chaînes de valeur stratégiques. Pour Rabat, il s’agit d’un levier de souveraineté industrielle. Pour Washington, d’un pilier du « friendshoring » visant à diversifier ses approvisionnements hors des circuits dominés par la Chine.
Le Maroc détient environ 70 % des réserves mondiales de phosphates, un atout central dans le partenariat avec Washington. Exploités notamment dans les bassins de Khouribga, Youssoufia et Ben Guerir, ces gisements ne se limitent plus à la production d’engrais. Ils s’inscrivent désormais dans l’écosystème des batteries lithium-fer-phosphate (LFP) pour véhicules électriques.
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Les phosphates marocains deviennent ainsi un maillon essentiel de la transition énergétique. Le mémorandum prévoit un renforcement de la coopération technologique et industrielle autour de la valorisation de ces ressources.
Selon des experts proches du Conseil économique, social et environnemental (CESE), « la montée en gamme industrielle autour des phosphates place le Maroc au cœur des nouvelles chaînes énergétiques mondiales ». L’accord avec les États-Unis pourrait accélérer les investissements conjoints dans la transformation locale, consolidant la position du Royaume comme hub industriel.
Au-delà des phosphates, le cobalt marocain représente un autre pilier du mémorandum Maroc États-Unis. Le site de Bou Azzer, exploité par Managem, produit environ 800 tonnes par an. Ce cobalt alimente déjà des contrats industriels avec des constructeurs automobiles majeurs comme Renault et BMW.
Dans un marché mondial où le cobalt est crucial pour les batteries de véhicules électriques, la sécurisation de sources fiables devient une priorité stratégique pour Washington. Le Maroc offre une production stable, encadrée par des normes industrielles et environnementales reconnues
Le mémorandum ouvre la voie à des partenariats élargis dans le raffinage, la recherche et le développement de technologies de batteries. Pour Rabat, il s’agit d’attirer des investissements à forte valeur ajoutée et de renforcer son écosystème industriel autour de la mobilité électrique.
La coopération bilatérale couvre également un éventail plus large de minéraux critiques. Le Maroc dispose d’un portefeuille minier diversifié incluant cuivre, manganèse, baryte et fluorite.
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Surtout, les terres rares constituent une priorité émergente. L’ONHYM mène des campagnes de prospection dans les provinces du Sud du Royaume, notamment à Twihinate et dans la zone offshore du Mont Tropic. Ces explorations pourraient positionner le Maroc comme un futur acteur des terres rares, essentielles aux technologies de pointe, des énergies renouvelables à l’électronique avancée.
Le mémorandum prévoit des échanges d’expertise géologique et des coopérations en exploration, renforçant les capacités marocaines dans ce domaine stratégique.
Sur le plan géopolitique, l’accord s’inscrit dans la stratégie américaine de « friendshoring », visant à relocaliser les chaînes d’approvisionnement critiques vers des partenaires jugés fiables. Face à la concentration de la production mondiale de terres rares et de minéraux critiques en Asie, Washington cherche à diversifier ses sources.
Le Maroc bénéficie de plusieurs atouts structurants. L’accord de libre-échange USA–Maroc, Une stabilité politique et institutionnelle reconnue et une position géographique au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et des Amériques.
Cette configuration renforce la géostratégie minière de Rabat. En se positionnant comme plateforme de transformation et d’exportation, le Royaume consolide son rôle de pont entre continents. Pour les États-Unis, le partenariat avec le Maroc s’intègre dans une architecture plus large de sécurisation des ressources critiques.
Des analystes en géostratégie soulignent que « le Maroc devient un nœud logistique et industriel dans la cartographie mondiale des minéraux critiques ». Le mémorandum formalise cette convergence d’intérêts stratégiques.
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Le mémorandum Maroc États-Unis sur les minéraux critiques ouvre des perspectives structurantes pour l’économie marocaine. En renforçant la coopération technologique, l’exploration et la transformation industrielle, Rabat consolide sa souveraineté minière et énergétique.
L’intégration accrue dans les chaînes de valeur mondiales des batteries et des technologies avancées pourrait accélérer la montée en gamme de l’industrie nationale. Dans un contexte de recomposition géoéconomique, le Maroc affirme ainsi sa place comme acteur stratégique des ressources du futur.

