Le roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron vont renouer lundi à Rabat des liens profondément distendus par trois ans de brouilles et donner un nouvel élan au partenariat historique entre le Maroc et la France.
« Nous entendons refonder (notre relation) mais aussi nous projeter dans les décennies qui viennent », en plaçant la « barre très haut dans de nombreux domaines », a encore soutenu dimanche 27 octobre le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à La Tribune Dimanche.
Signe de la volonté de redonner tout son lustre à ce partenariat, Emmanuel Macron, qui est attendu à 17H30 (16H30 GMT) à Rabat avec son épouse Brigitte pour une visite d’Etat de trois jours, sera accompagné d’une imposante délégation.
Pas moins de neuf ministres l’accompagneront, dont ceux de l’Intérieur Bruno Retailleau, de l’Economie Antoine Armand, de l’Education nationale Anne Genetet et de la Culture Rachida Dati, d’origine marocaine.
Les dirigeants des groupes Engie, Alstom, Safran, TotalEnergies, Suez seront du voyage, de même que des représentants d’Airbus, Veolia, Thalès ou du spécialiste du BTP Colas.
Le monde culturel franco-marocain sera également à l’honneur, des écrivains Tahar Benjelloun et Leïla Slimani à l’humoriste Djamel Debbouze et l’acteur Gérard Darmon.
Le Roi du Maroc ne sera pas non plus en reste envers son hôte qu’il accueillera en personne à l’aéroport de Rabat, au son de 21 coups de canon.
Contentieux
Les deux chefs d’Etat rejoindront ensuite à bord d’une voiture d’apparat le Palais royal pour un entretien en tête-à-tête suivi de la signature d’accords sur l’énergie, l’eau, l’éducation et la sécurité intérieure.
Les deux dirigeants entendent à cette occasion tirer un trait sur une série de contentieux, des soupçons d’écoutes téléphoniques du président Macron à la diminution par deux du nombre de visas accordés aux Marocains en 2021-2022.
La priorité donnée par le président français à l’Algérie après sa réélection en 2022 avait aussi jeté un froid, alors que les deux puissances du Maghreb sont en opposition frontale, notamment sur le Sahara marocain.
Contrats
Une position qu’il devrait réaffirmer haut et fort lors d’une allocution très attendue mardi devant le Parlement, alors que le Maroc considère le Sahara comme un enjeu national majeur.
Rabat espère désormais que ce réalignement de la position française va se traduire par des investissements sonnants et trébuchants dans ce territoire aux énormes ressources halieutiques, solaires, éoliennes ainsi qu’en phosphates.
La visite du président français pourrait aussi se traduire par une pluie de contrats, même si les deux parties sont restées très discrètes jusqu’à la dernière minute sur les ultimes négociations en cours.
Airbus Helicopters pourrait ainsi vendre 12 à 18 Caracal aux Forces armées marocaines à l’occasion de la visite, selon des sources concordantes.
La France espère aussi rester le prestataire privilégié du Maroc pour l’extension de la ligne de train à grande vitesse entre Tanger et Agadir, après l’inauguration en grande pompe du premier tronçon par le roi Mohammed VI et Emmanuel Macron en 2018.

