Selon les prévisions d’Allianz Trade, présentées à Casablanca le 26 mai, l’économie marocaine devrait croître de 3,5 % en 2025 et 3,6 % en 2026. Malgré un impact direct limité des tensions commerciales internationales, le Maroc reste exposé aux fluctuations économiques mondiales, notamment via l’Europe. Le Royaume pourrait toutefois tirer parti des opportunités de relocalisation des entreprises européennes et du potentiel de ses infrastructures portuaires, tout en restant vigilant face aux risques persistants, notamment liés au climat et aux chocs de 2023.
Le Maroc devrait maintenir une croissance robuste dans les prochaines années, avec des prévisions de 3,5 % en 2025 et 3,6 % en 2026, selon l’analyse présentée par Lluis Dalmau Taules, économiste Afrique et Moyen-Orient pour Allianz Trade, lors d’une conférence de presse tenue le 26 mai à Casablanca.
Le secteur manufacturier, les services, ainsi que la reprise attendue de l’agriculture après plusieurs années de sécheresse, sont identifiés comme les principaux moteurs de cette dynamique. Toutefois, le Royaume reste exposé aux incertitudes du commerce mondial, en particulier aux répercussions indirectes des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, via l’Europe.
L’impact direct d’une guerre commerciale sur le Maroc reste limité, du fait de la faible part des exportations marocaines vers les États-Unis et de l’exclusion des engrais des hausses tarifaires. Mais la dépendance économique vis-à-vis de l’Europe expose le Maroc à des répercussions indirectes.
Opportunités et risques pour l’économie marocaine
Le friendshoring – stratégie des entreprises visant à rapprocher leur production de partenaires commerciaux « alliés » – pourrait renforcer l’attractivité du Maroc en tant que hub industriel et logistique vers l’Europe. Le secteur automobile pourrait bénéficier de cette tendance, notamment grâce à l’implantation croissante des entreprises chinoises. De plus, le port de Casablanca a tiré profit de la fermeture du canal de Suez, et avec des investissements ciblés, les ports marocains pourraient devenir des plates-formes logistiques mondiales reliant l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les Amériques.
Cependant, des risques majeurs subsistent. Les insolvabilités n’ont pas encore surmonté les chocs économiques de 2023 : baisse des investissements publics, coût élevé des financements, et recul des investissements directs étrangers (IDE). Par ailleurs, le climat reste une menace majeure pour une économie largement tributaire du secteur agricole.
Tendances mondiales : prudence et diversification
L’enquête menée par Allianz Trade auprès de 4 500 exportateurs dans neuf pays représentant 60 % du PIB mondial souligne que 60 % des entreprises anticipent un impact négatif des tensions commerciales, et 45 % prévoient une baisse de leur chiffre d’affaires à l’export. Face à ces défis, les stratégies de friendshoring, la diversification des marchés, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, et la recherche de nouveaux itinéraires maritimes deviennent des leviers d’adaptation incontournables.
