L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a rendu publiques, le 27 janvier 2026, ses priorités d’actions pour l’année en cours. Cette feuille de route, détaillée dans un communiqué officiel, s’inscrit dans la continuité d’une dynamique particulièrement soutenue en 2025 et traduit la volonté du régulateur de consolider un marché des capitaux plus efficient, plus accessible et davantage tourné vers le financement de l’économie réelle, tout en renforçant la protection de l’épargne.
Selon les données publiées par l’AMMC, l’année 2025 a été marquée par une accélération notable de l’activité du marché des capitaux. Les émissions obligataires ont plus que doublé par rapport à l’année précédente, confirmant le rôle croissant du marché dans le financement des acteurs économiques.

Côté marché actions, trois introductions en bourse ont permis de lever près de 6 milliards de dirhams, avec une progression de 70 % sur le segment actions, selon le régulateur. La dynamique a également été portée par les OPCVM, dont les souscriptions nettes ont atteint 84,8 milliards de dirhams, soit près du double du niveau observé en 2024.
Autre signal fort : la titrisation, qui a enregistré un volume de 15,5 milliards de dirhams en 2025, contre 2,4 milliards un an auparavant, traduisant un regain d’intérêt pour cet instrument de financement structuré (données AMMC).
Un cadre réglementaire modernisé et une supervision renforcée
Cette dynamique s’est accompagnée d’un renforcement du cadre réglementaire. L’AMMC indique avoir poursuivi l’évolution des règles encadrant la gestion d’actifs, structuré le marché à terme, et intensifié l’accompagnement de l’innovation financière, notamment à travers le suivi des Fintechs opérant sur le marché marocain.
Sur le plan de la supervision, l’Autorité a accru le recours aux outils de contrôle digitalisés, renforcé la surveillance des abus de marché et intensifié ses actions en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La transformation digitale des processus internes et le renforcement de la cybersécurité figurent également parmi les chantiers menés en 2025, selon le communiqué officiel.
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Priorités 2026 : cinq axes stratégiques clairement définis
Pour 2026, l’AMMC inscrit son action dans le cadre de son plan stratégique 2024-2028, structuré autour de cinq axes, complétés par un axe transverse dédié à la performance interne.
Le premier axe vise à développer le financement par le marché et à soutenir la dynamique boursière, dans une logique d’ouverture accrue du marché des capitaux. Le deuxième porte sur l’accompagnement de l’innovation financière et de la durabilité, notamment à travers la finance durable, les solutions favorisant l’inclusion financière et le renforcement de la coopération régionale.
Le troisième axe concerne l’élargissement de l’éducation financière et la consolidation de l’habilitation des professionnels, afin de mieux mobiliser l’épargne et renforcer la protection des investisseurs. Le quatrième est dédié à l’adaptation de la supervision, avec une approche fondée sur les risques, des contrôles thématiques ciblés, une vigilance accrue sur l’intégrité du marché, la LBC/FT et l’élargissement du périmètre de supervision.
Enfin, un axe transverse vise à poursuivre la digitalisation, à intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans les dispositifs de supervision, à renforcer les compétences internes et à inscrire l’action de l’Autorité dans une démarche de responsabilité sociétale.
Un levier stratégique pour la compétitivité économique
À travers ces orientations, l’AMMC entend positionner le marché des capitaux comme un levier stratégique de la compétitivité économique nationale. L’essor des instruments de financement, l’accompagnement de l’innovation et la montée en puissance de la finance durable répondent aux attentes des opérateurs et aux évolutions structurelles du marché, tout en offrant une meilleure lisibilité depuis les réformes engagées ces dernières années.
Pour les investisseurs comme pour l’économie réelle, cette feuille de route ouvre la perspective d’un financement plus dynamique en 2026, dans un cadre réglementaire renforcé, avec une protection accrue de l’épargne et une supervision adaptée aux nouveaux risques.

