Le secteur de la santé publique au Maroc s’apprête à traverser une période de forte turbulence. Les médecins du secteur public, regroupés sous l’égide du Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), ont annoncé une série de grèves nationales et d’actions de protestation qui débuteront le 21 janvier 2025.
Le SIMSP a détaillé un programme de protestation qui s’étalera sur trois semaines :
- Semaine 1 :
Grèves nationales les mardi 21 et mercredi 22 janvier, avec maintien des services d’urgence et de réanimation. - Semaine 2 :
Grèves étendues sur trois jours, les mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 janvier, avec les mêmes exceptions pour les services critiques. - Semaine 3 :
Semaine baptisée « La colère des médecins », prévue du 3 au 9 février, comprenant :- Suspension des examens dans les centres de diagnostic du 3 au 7 février.
- Grève des cachets médicaux pendant toute la semaine.
- Organisation de sit-in régionaux et provinciaux.
Des revendications autour du statut unique et des conditions de travail
Le SIMSP fustige le projet de statut unique des médecins, qu’il considère comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Le syndicat critique notamment :
- Des restrictions sur les promotions, avec l’introduction d’un système de quotas.
- L’élargissement des pouvoirs des directeurs généraux, notamment pour des décisions unilatérales sur les horaires, les lieux d’affectation, voire les licenciements.
- L’absence de garanties juridiques et financières, notamment en ce qui concerne le maintien du statut de fonctionnaire et la centralisation des salaires.
Ces mesures, selon les médecins, risquent de dégrader davantage un secteur déjà en difficulté, marqué par un manque de ressources humaines, des infrastructures insuffisantes et des conditions de travail précaires.
Le SIMSP reproche également au gouvernement de ne pas tenir ses engagements pris lors des accords précédents, notamment celui de décembre 2023. Les séances de négociations, qualifiées de « simples séances d’écoute », n’auraient débouché sur aucune avancée concrète.
Le syndicat appelle à des réformes substantielles, incluant :
- L’amélioration des conditions salariales.
- L’ajout de nouvelles échelles de promotion.
- Des augmentations pour certains spécialistes et des responsabilités médicales.

