Le Maroc a décidé de maintenir sa mesure de sauvegarde sur les importations de tôles laminées à chaud jusqu’au 18 juin 2029. Cette prolongation, assortie d’une réduction progressive des droits additionnels, vise à protéger l’industrie sidérurgique nationale face aux risques liés à la surcapacité mondiale et à la concurrence internationale, tout en accompagnant la montée en puissance des producteurs locaux.
Le gouvernement marocain poursuit sa stratégie de soutien à l’industrie nationale. À travers un arrêté conjoint du ministère de l’Industrie et du Commerce et du ministère de l’Économie et des Finances, le Royaume a officiellement prolongé jusqu’au 18 juin 2029 la mesure de sauvegarde appliquée aux importations de tôles laminées à chaud, un produit essentiel pour plusieurs secteurs industriels stratégiques.
Cette décision, relayée par l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), intervient alors que le dispositif actuel arrivait à échéance en juin 2026. Elle s’inscrit dans le cadre des instruments de défense commerciale autorisés par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de protéger les industries nationales confrontées à des risques de perturbation du marché.
Le nouveau mécanisme prévoit toutefois une diminution progressive du droit additionnel appliqué aux importations concernées. Celui-ci sera fixé à 19 % entre le 19 juin 2026 et le 18 juin 2027, puis ramené à 18 % l’année suivante, avant de descendre à 17 % entre juin 2028 et juin 2029. À partir du 19 juin 2029, cette surtaxe sera totalement supprimée.
Cette trajectoire de libéralisation graduelle vise à concilier la protection de la production nationale avec les engagements internationaux du Maroc en matière d’ouverture commerciale.
La décision fait suite à une enquête de réexamen menée par les autorités compétentes. Les conclusions publiées en avril dernier montrent que les importations de tôles laminées à chaud ont diminué ces dernières années et que plusieurs indicateurs de la branche nationale se sont améliorés. Toutefois, les autorités estiment que ces progrès demeurent fragiles et ne permettent pas encore d’écarter définitivement les risques pour le secteur.
Les résultats de l’enquête mettent également en évidence un contexte international marqué par des surcapacités persistantes dans l’industrie sidérurgique mondiale ainsi que par des tensions géopolitiques susceptibles de modifier rapidement les flux commerciaux. Dans ce contexte, une augmentation soudaine des importations pourrait fragiliser les efforts de restructuration engagés par les producteurs marocains.
La mesure vise notamment à accompagner le plan d’ajustement poursuivi par l’industrie sidérurgique nationale, qui continue d’investir dans la modernisation de ses capacités de production et l’amélioration de sa compétitivité.
Deux catégories d’importations resteront toutefois exemptées du droit additionnel. La première concerne les importations en provenance de nombreux pays en développement membres de l’OMC, conformément aux dispositions relatives au traitement spécial et différencié. La seconde vise les importations bénéficiant d’une facture commerciale visée par le département de l’Industrie, considérées comme nécessaires à certaines activités industrielles stratégiques.
La tôle laminée à chaud constitue une matière première essentielle pour plusieurs filières industrielles marocaines, notamment la métallurgie, le bâtiment, les infrastructures et l’industrie automobile. Son approvisionnement et son coût influencent directement la compétitivité de nombreux secteurs exportateurs.
À travers cette prolongation, le Maroc confirme sa volonté de renforcer son tissu industriel tout en préparant progressivement le secteur à une concurrence internationale pleinement ouverte à l’horizon 2029.

