L’économie marocaine devrait accélérer son rythme de croissance au troisième trimestre 2026. Selon les dernières prévisions du Haut-Commissariat au Plan (HCP), le PIB progresserait de 5,4% en glissement annuel, soutenu par la forte reprise du secteur agricole, le redémarrage progressif de l’industrie, le dynamisme de la consommation des ménages et la poursuite des investissements publics. Les échanges extérieurs continueraient toutefois de peser sur l’activité, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes.
L’économie nationale devrait poursuivre son redressement au troisième trimestre 2026. Dans son dernier point de conjoncture, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une croissance de 5,4%, après une progression estimée à 4,8% au deuxième trimestre et 4,6% au premier.
Cette accélération s’expliquerait par un élargissement des moteurs de croissance. Après avoir reposé principalement sur l’agriculture et les services durant le premier semestre, l’activité bénéficierait désormais d’une reprise progressive des industries manufacturières et extractives, dans un environnement international légèrement plus favorable.
L’agriculture demeure le principal moteur de la croissance
Le secteur agricole continuerait d’afficher des performances exceptionnelles grâce au retour de conditions climatiques favorables.
Après une hausse de 18,4% au premier trimestre et de 20,5% au deuxième, la valeur ajoutée agricole devrait encore progresser de 19,9% entre juillet et septembre. Selon le HCP, cette dynamique ramène les performances du secteur à des niveaux comparables à ceux observés en 2017.
Cette reprise soutient non seulement la croissance nationale, mais également les revenus des ménages ruraux, la consommation et plusieurs secteurs directement liés à l’activité agricole.
L’industrie retrouve progressivement des couleurs
Après plusieurs mois difficiles, les branches industrielles devraient progressivement renouer avec la croissance.
Les industries manufacturières, dont la valeur ajoutée avait quasiment stagné au deuxième trimestre (+0,3%), devraient enregistrer une progression de 1,8% au troisième trimestre. Cette amélioration serait favorisée par la reprise du commerce mondial et par une demande extérieure plus soutenue.
Les secteurs automobile et aéronautique continueraient de tirer leur épingle du jeu, tandis que les industries extractives profiteraient du regain de la demande internationale en engrais, notamment grâce à l’assouplissement des droits de douane sur le marché américain ainsi qu’au renforcement de la demande en Inde et au Japon.
Le secteur du bâtiment devrait également poursuivre son redressement, porté par la multiplication des investissements dans les infrastructures.
Les services restent solides
Le secteur tertiaire continuerait de jouer son rôle de pilier de l’économie marocaine.
Après une croissance de 4,3% au premier semestre, la valeur ajoutée des services progresserait de 4,4% au troisième trimestre.
Le tourisme, le commerce, le transport ainsi que les activités marchandes continueraient d’alimenter cette dynamique, soutenus par une demande intérieure toujours robuste.
La consommation des ménages demeure le principal moteur
La demande intérieure resterait le principal soutien de l’économie.
Le HCP prévoit une hausse de 4,9% de la consommation des ménages, contre 4,7% au trimestre précédent. Cette progression serait favorisée par l’amélioration des revenus, notamment dans le monde rural, ainsi que par des conditions de financement toujours favorables et un ralentissement des tensions inflationnistes.
L’investissement accélère grâce aux grands chantiers
L’investissement productif devrait également retrouver un rythme plus soutenu.
Après une progression de 9,4% au deuxième trimestre, il atteindrait 11,1% au troisième trimestre.
Cette accélération serait portée par les importants investissements publics dans les infrastructures portuaires, routières et hydrauliques, destinés à renforcer les capacités logistiques et la sécurité hydrique du Royaume.
Une inflation toujours maîtrisée
Le HCP table sur une inflation relativement contenue malgré les tensions sur les marchés de l’énergie.
Après s’être établie à 1,1% au deuxième trimestre, l’inflation atteindrait 1,2% au troisième trimestre, sous l’hypothèse d’un baril de Brent évoluant autour de 85 dollars.
La hausse des prix resterait principalement alimentée par les produits énergétiques, tandis que les tensions sur les prix alimentaires continueraient de s’atténuer progressivement.
Les importations continuent de dépasser les exportations
Malgré une amélioration attendue des exportations, le commerce extérieur continuerait de peser sur la croissance.
Les exportations devraient progresser de 10,2%, principalement grâce au rebond des dérivés du phosphate.
Les importations augmenteraient toutefois plus rapidement (12,4%), stimulées par la vigueur de la demande intérieure et les besoins en équipements liés aux projets d’investissement.
Dans ce contexte, la contribution du commerce extérieur à la croissance resterait négative, à hauteur de -2,1 points.
Des perspectives favorables, mais sous surveillance
Le HCP souligne néanmoins que ce scénario demeure exposé à plusieurs risques.
Une aggravation des tensions géopolitiques pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix de l’énergie, perturber les chaînes d’approvisionnement et ralentir le commerce mondial.
Malgré ces incertitudes, l’institution estime que les fondamentaux de l’économie marocaine restent solides, grâce au redressement de l’agriculture, à la résilience de la demande intérieure, au maintien des investissements publics et à des conditions monétaires toujours favorables.

