Le chinois Shandong Yongsheng Rubber Group s’apprête à construire une usine de pneus à Kénitra. Ce projet, qui s’inscrit dans une vague plus large d’investissements asiatiques dans le secteur automobile marocain, pourrait relancer une filière industrielle abandonnée depuis les années 2000, tout en renforçant l’attractivité du Royaume dans les chaînes mondiales de valeur.
Le Maroc continue d’attirer les géants asiatiques du secteur automobile. Dernier en date : le groupe chinois Shandong Yongsheng Rubber, qui prévoit de bâtir une usine de pneus à Kénitra Automotive City. D’après le site spécialisé Tyrpress, les travaux devraient démarrer dans six mois, avec une capacité initiale de 6 millions de pneus par an, avant d’atteindre 12 millions d’unités à terme.
Ce projet illustre l’intérêt stratégique du groupe pour le Royaume, à la croisée de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique. Shandong Yongsheng, qui produit les marques Tracmax, Road King, Rotalla ou encore Doupro, est déjà présent dans plus de 80 pays. En 2021, l’entreprise avait exporté près de 14 millions de pneus, générant plus de 2,7 milliards de yuans de chiffre d’affaires.
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En amont de cette implantation, deux visites de terrain ont été menées à la Cité des Métiers et des Compétences (CMC) de Kénitra, afin d’évaluer le potentiel local en main-d’œuvre qualifiée. Un signe de plus de l’attention croissante que les industriels chinois portent à l’écosystème marocain de formation technique.
Ce mouvement n’est pas isolé : d’autres groupes chinois comme Sentury Tire, Shandong Daye ou CNGR Advanced Material ont déjà investi dans le pays. Le Maroc offre une production annuelle de plus de 700 000 véhicules, un parc automobile national de 4 millions de véhicules, des accords de libre-échange avec l’UE et les États-Unis, et une stabilité politique appréciée des investisseurs.
Mais l’arrivée de Shandong Yongsheng réveille aussi un vieux débat : celui de la relance d’un écosystème local du pneumatique. Le Maroc comptait autrefois deux usines, Goodyear et General Tire à Casablanca, toutes deux fermées au début des années 2000. Depuis, le pays dépend quasi exclusivement des importations.
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Pour certains acteurs du secteur, le projet chinois pourrait servir de catalyseur pour reconstruire une filière complète : matières premières, logistique, formation, voire rechapage. Dans ce dernier segment, l’entreprise marocaine Imperial Pneu s’est déjà imposée sur le marché du poids lourd grâce à une alliance avec Goodyear.
Alors que le rechapage se démocratise en Europe, les opportunités sont nombreuses pour le Maroc. Et l’arrivée de nouveaux industriels comme Shandong Yongsheng pourrait bien être le coup d’accélérateur nécessaire pour réveiller un secteur longtemps laissé-pour-compte.

