L’Algérie a brillé par son absence à la Semaine mondiale de l’énergie organisée en Russie. Une décision politique interprétée comme un acte de protestation contre la nouvelle orientation de Moscou sur le dossier du Sahara et son agacement croissant face au rôle trouble d’Alger au Mali.
Alors que 84 pays participaient cette semaine à la Semaine mondiale de l’énergie à Moscou, l’Algérie a choisi de ne pas y être. Sur instruction directe du président Abdelmadjid Tebboune, aucune délégation n’a été dépêchée à l’un des plus grands rendez-vous internationaux consacrés à l’avenir énergétique de la planète. Un geste lourd de sens, interprété comme un signal de défiance vis-à-vis de la Russie.
Selon des sources diplomatiques citées par Sahel Intelligence, cette décision intervient après les déclarations de Sergei Lavrov, chef de la diplomatie russe, affirmant que la proposition marocaine d’autonomie constituait une forme d’autodétermination conforme aux principes onusiens. Une prise de position perçue à Alger comme un désaveu de sa ligne rigide en faveur d’un référendum, désormais écarté par la communauté internationale.
La Russie, allié historique de l’Algérie et fournisseur majeur d’armements, semble ainsi se rapprocher de la position marocaine, ce qui a provoqué la colère du régime Tebboune–Chengriha. Ce boycott est la réponse silencieuse d’Alger à ce qu’elle considère comme une “trahison stratégique”.
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Mais la tension ne se limite pas au Sahara. Moscou a également exprimé des réserves sur les ingérences sécuritaires algériennes au nord du Mali, où des rapports occidentaux et africains font état de réseaux paramilitaires et de groupes armés liés à Alger. Une situation qui entre en friction avec les ambitions sécuritaires russes dans la région via son “Africa Corps”, héritier du groupe Wagner.
Pendant que les grandes puissances débattent de sécurité énergétique et de coopération internationale à Moscou, l’absence algérienne illustre l’isolement d’un régime prisonnier de ses positions géopolitiques figées. La rencontre russo-marocaine, dans le cadre du Partenariat stratégique approfondi conclu en 2016, entre le Roi Mohammed VI et le président russe, Vladimir Poutine, a par ailleurs renforcé le contraste entre une diplomatie marocaine active et une posture algérienne de retrait.
Cette fracture ouverte entre Alger et Moscou pourrait redéfinir les équilibres régionaux. Elle marque aussi un tournant dans la position russe sur le Sahara, désormais plus favorable au plan d’autonomie marocain. Un signal fort qui résonne bien au-delà des murs du forum énergétique.

