La sixième édition de la Foire internationale d’art contemporain africain 1-54 a ouvert ses portes le 30 janvier 2025 à La Mamounia, Marrakech, attirant artistes, collectionneurs et amateurs d’art du monde entier.
Cette année, la foire réunit 30 galeries issues de 14 pays, avec une présence notable de nouvelles scènes artistiques venues de Côte d’Ivoire, du Japon et du Koweït. Le Maroc est également bien représenté, avec plusieurs galeries casablancaises ainsi que des exposants venus de Rabat et Tanger.
L’effervescence était palpable dès l’ouverture de l’événement, les visiteurs se pressant pour découvrir les œuvres exposées. Parmi les galeries marocaines présentes, L’Atelier 21, habituée de la foire, a une nouvelle fois marqué les esprits avec une sélection éclectique d’artistes : M’barek Bouhchichi, Safaa Erruas, Malick Welli, Najia Mehadji et Margaux Derhy.
Des choix artistiques audacieux et engagés
Chaque galerie a misé sur des choix artistiques affirmés, entre émergence et confirmation. Fatima Zahra Bennani Bennis, directrice générale de MCC Gallery, souligne l’importance de la Foire malgré la brièveté de l’événement au micro de nos confrères de le360 : « Nous privilégions habituellement des expositions de longue durée, mais nous avons accepté le défi de 1-54 pour offrir de nouvelles perspectives à nos artistes. »
L’Atelier 21 a particulièrement brillé avec des œuvres engagées et poétiques. M’barek Bouhchichi, par exemple, interroge la représentation des corps noirs dans la société marocaine à travers des portraits réalisés sur des feuilles de caoutchouc, un médium riche en histoire. De son côté, Margaux Derhy intègre la broderie dans sa pratique artistique, transformant d’anciennes photographies familiales en œuvres chargées de souvenirs et de poésie.
Safaa Erruas, avec son univers dominé par la couleur blanche, explore la migration et les frontières humaines à travers des installations et des œuvres sur papier. Najia Mehadji, quant à elle, fusionne art contemporain et art islamique en réinventant la rose comme symbole d’offrande et d’amour dans sa série « Rosebud ». Enfin, Malick Welli, artiste sénégalais, plonge le spectateur dans une réflexion sur l’identité et la mémoire collective à travers sa série « Forgotten Paradise : Passage », dédiée aux populations déplacées par la traite transatlantique.
Un programme riche et des collaborations internationales
Au-delà des expositions, 1-54 Marrakech 2025 propose un programme dense de conférences, performances et projets spéciaux, en partenariat avec des institutions locales et internationales. Parmi les moments forts de cette édition, une table ronde sur l’ascension des jeunes talents africains, une performance immersive mêlant arts visuels et musique, ainsi qu’un projet collaboratif avec la Fondation Kalhath mettant en avant la broderie comme outil de réflexion sociale et personnelle.
Marrakech, carrefour de l’art africain
Grâce à ses nouvelles collaborations, la diversité de ses exposants et l’engouement des collectionneurs, cette édition de 1-54 Marrakech confirme son rôle central dans la promotion et la diffusion de l’art africain contemporain. Comme l’exprime Touria El Glaoui, fondatrice de la foire : « Je suis très impressionnée par les plateformes que l’on trouve au Maroc. Cette foire permet à un large public de découvrir la richesse artistique du continent sans quitter Marrakech. »
Entre innovations, rencontres et mise en lumière des talents africains, 1-54 Marrakech s’impose une fois de plus comme un événement phare de la scène artistique continentale.

