À Ksar El Kébir, la phase la plus violente des inondations est désormais passée, mais la ville demeure engagée dans une gestion de crise prolongée. Entre évacuations massives, maintien de centres d’accueil et incertitudes météorologiques sur le bassin du Loukkos, le retour à la normale reste conditionné à l’évolution des prochains jours.
Sur le terrain, le bilan humain demeure contenu malgré l’ampleur de l’épisode. Plus de 20.000 personnes ont été évacuées et mises en sécurité, selon les autorités locales. Des centres d’accueil, installés dans des tentes et des établissements scolaires, continuent d’héberger des familles dont les logements sont encore inaccessibles ou endommagés.
Les Forces armées royales, la protection civile, la gendarmerie et les services techniques poursuivent leurs interventions pour sécuriser les zones exposées, distribuer vivres et couvertures, assurer l’approvisionnement en gaz et maintenir ouverts les axes vitaux. Aucun décès directement lié aux inondations n’a été officiellement annoncé, un résultat largement attribué aux évacuations préventives.
Ce bilan humain contenu tient beaucoup à la mobilisation rapide et coordonnée des équipes déployées, forces armées, protection civile, gendarmerie et services locaux, que de nombreux habitants disent avoir vues à l’œuvre dès les premières heures de la crue.
Malgré cette accalmie relative, une partie de la ville reste sous les eaux. La décrue demeure inégale selon les quartiers, certains axes restent perturbés et l’activité locale fonctionne au ralenti. Cette situation prolonge l’impact social et économique et complique les opérations de nettoyage et de remise en état.
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Météo : une pause fragile avant un nouvel épisode perturbé
Les services météorologiques décrivent un scénario en deux temps pour le nord-ouest du pays. À très court terme, une accalmie relative s’installe, avec un temps globalement plus stable. Des pluies faibles et éparses restent toutefois possibles sur l’extrême nord-ouest, incluant la zone Tanger–Loukkos. Isolément, ces précipitations ne devraient pas provoquer un nouvel épisode majeur, mais les sols sont saturés et les cours d’eau demeurent sous surveillance.
À partir de lundi, un nouveau temps perturbé est attendu avec l’arrivée d’un minimum dépressionnaire atlantique. Des précipitations parfois soutenues, des rafales de vent locales et de la neige sur les reliefs sont annoncées. Les cumuls pourraient dépasser les normales de saison sur Tanger, le bassin du Loukkos, le Gharb et l’ouest du Rif, ravivant les inquiétudes dans une zone déjà fragilisée.
Quels risques concrets pour Ksar El Kébir ?
Dans ce contexte, le principal risque n’est pas la répétition d’un choc aussi brutal que le pic de crue déjà vécu, mais la prolongation des difficultés. Des pluies supplémentaires sur des sols gorgés d’eau peuvent ralentir la décrue, maintenir certaines zones inondées et retarder le retour des habitants, tout en compliquant la remise en service des réseaux et la reprise des activités.
À l’échelle du bassin du Loukkos, ces cumuls peuvent accentuer les risques d’érosion, endommager les cultures et les pistes rurales, tout en alimentant durablement les retenues d’eau. La gestion s’annonce délicate, entre sécurité immédiate et besoins hydriques à moyen terme. Les autorités appellent ainsi à maintenir un haut niveau de vigilance et à suivre strictement les bulletins officiels, alors que le début du mois de février s’annonce encore instable.
En somme, si le pire semble passé, la sortie de crise reste progressive. Elle dépendra autant de l’évolution météorologique que de la capacité des dispositifs de secours et de reconstruction à accompagner durablement les populations touchées.

