La tension s’accentue entre l’Association des barreaux du Maroc et le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. En réaction à des déclarations jugées offensantes à l’égard de la profession et sur fond de contestation du projet de loi encadrant l’exercice du métier d’avocat, les barreaux ont annoncé un arrêt national de leurs activités du 15 au 21 juin, tout en saisissant le chef du gouvernement pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à l’indépendance de la profession.
Le bras de fer entre les avocats marocains et le ministère de la Justice franchit une nouvelle étape. Réunie à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc (ABM) a annoncé une série de mesures de protestation contre le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, accusé de tenir des propos « provocateurs » et « infondés » à l’encontre de la profession et de ses institutions représentatives.
Au cœur de la polémique figurent les déclarations du ministre devant le Parlement concernant les indemnités perçues par les avocats. Abdellatif Ouahbi avait évoqué des disparités importantes entre une majorité d’avocats aux revenus modestes et une minorité bénéficiant d’indemnités nettement plus élevées. Des propos que les représentants de la profession considèrent comme une remise en cause de leur crédibilité et de leur rôle au sein du système judiciaire.
Dans un communiqué, l’Association des barreaux du Maroc estime que ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position visant à discréditer les avocats et à fragiliser leur image auprès de l’opinion publique. Elle affirme également que ce discours intervient alors qu’elle mène une campagne de plaidoyer contre certaines dispositions du projet de loi relatif à l’exercice de la profession.
Les critiques ne se limitent pas aux déclarations du ministre. Les avocats contestent également plusieurs dispositions du texte en discussion au Parlement, qu’ils jugent susceptibles de réduire l’indépendance de la profession. Ils pointent notamment les modifications touchant aux prérogatives des bâtonniers ainsi que le rôle confié au ministère de la Justice et au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire dans la supervision de la formation des futurs avocats.
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L’Association a par ailleurs pris la défense de la Mutuelle générale des avocats, qualifiée d’acquis social majeur pour la profession. Elle rejette les accusations visant son fonctionnement et assure que sa gestion est encadrée par les instances compétentes et soumise à des mécanismes de contrôle et de gouvernance.
Face à cette situation, les barreaux ont décidé d’observer un arrêt de travail national d’une semaine, du 15 au 21 juin 2026. Cette suspension des prestations professionnelles est présentée comme une mesure d’avertissement, susceptible d’être suivie d’autres formes de mobilisation si aucun compromis n’est trouvé.
L’Association a également décidé de saisir le chef du gouvernement afin de l’alerter sur la gravité de la situation et sur les conséquences des déclarations attribuées au ministre de la Justice. Elle prévoit en outre une communication publique destinée à répondre aux critiques formulées à l’encontre de la profession.
En maintenant son bureau en session permanente, l’Association des barreaux du Maroc affiche sa détermination à poursuivre la mobilisation. Cette nouvelle confrontation entre les avocats et le ministère de la Justice intervient dans un contexte sensible de réforme du secteur judiciaire, laissant présager de nouvelles tensions autour d’un projet de loi qui continue de diviser.

