À la suite des inondations ayant frappé Ksar El Kébir, une cellule d’écoute psychologique à distance a été mise en place afin d’apporter un soutien immédiat aux personnes affectées. Portée par des professionnels de la santé mentale, cette initiative vise à limiter l’impact psychologique de la catastrophe et à prévenir l’aggravation des troubles liés au traumatisme.
Les récentes inondations survenues à Ksar El Kébir ont laissé derrière elles des dégâts matériels importants, mais aussi des répercussions psychologiques profondes. Consciente de cette réalité souvent reléguée au second plan en situation de crise, la Ligue, en coordination avec l’Association des Spécialistes de la Santé Mentale, a annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique à distance.
Cette structure a pour vocation d’offrir un espace d’accueil, d’écoute et de soutien aux personnes affectées, dans un cadre confidentiel et éthique. Elle s’inscrit dans une démarche de solidarité et de prévention, en assurant une prise en charge psychologique de première intention dès les premiers signes de détresse.
La cellule est composée de 44 professionnels bénévoles, psychologues et psychiatres, spécifiquement formés à la gestion des crises liées aux catastrophes naturelles et aux premiers secours psychologiques. Coordonnée par le Pr. Hicham Laâfou, elle repose sur une organisation permettant une réponse rapide et adaptée aux besoins exprimés.
Selon Chaimaa Lahmidi, psychologue et membre actif de la cellule, la création de cette unité répond à une urgence à la fois professionnelle et éthique. Elle rappelle que l’intervention précoce joue un rôle déterminant pour limiter l’impact des traumatismes psychologiques. « En situation de catastrophe, l’aide matérielle est indispensable, mais l’écoute psychologique est tout aussi essentielle pour prévenir des troubles durables », souligne-t-elle.
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Depuis son lancement, la cellule reçoit déjà des appels de personnes en détresse, principalement confrontées à des attaques de panique et à des états anxieux directement liés au choc des inondations. L’intervention débute systématiquement par une évaluation menée par un psychologue, avec un relais vers un psychiatre lorsque la situation nécessite une prise en charge médicale.
Bien que prioritairement destinée aux sinistrés de Ksar El Kébir et des zones environnantes, la cellule s’adresse également aux personnes affectées psychologiquement de manière indirecte, notamment à travers l’exposition aux images et aux informations relayées sur les réseaux sociaux. Dans certains cas, les autorités locales transmettent des signalements permettant aux professionnels de contacter directement les personnes concernées.
Forte d’une expérience acquise lors de précédentes crises, notamment après le séisme d’Al Haouz, l’association privilégie une intervention à distance dans un premier temps, avant un déploiement sur le terrain lorsque les conditions le permettent. Une caravane de soutien psychologique est d’ailleurs en cours de préparation pour renforcer cette action.
Enfin, les responsables de la cellule insistent sur le respect strict de la confidentialité et de la protection des données personnelles. Tous les intervenants sont tenus de signer une charte éthique, garantissant la sécurité des informations et la dignité des personnes accompagnées.

