Face à une explosion des importations de riz ces dernières années, le Maroc lance une enquête de sauvegarde pour évaluer leur impact sur la production nationale et envisager d’éventuelles mesures de protection.
Le Maroc passe à l’action face à la montée en puissance des importations de riz. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’ouverture d’une enquête de sauvegarde afin d’évaluer les effets de ces flux sur la filière nationale, dans un contexte de déséquilibre croissant du marché.
Cette décision intervient à la suite de plaintes émanant d’acteurs majeurs du secteur, notamment la Fédération interprofessionnelle de la filière riz (FNARIZ) ainsi que des opérateurs représentant une large part de la production nationale. Les autorités ont jugé les éléments fournis suffisamment solides pour enclencher la procédure, conformément à la législation en vigueur sur les mesures de défense commerciale.
Les chiffres traduisent une évolution particulièrement marquée. En l’espace de trois ans, les importations de riz ont plus que doublé, passant de près de 55.000 tonnes en 2022 à plus de 118.000 tonnes en 2025. Leur poids par rapport à la production nationale a également explosé, révélant une pression croissante sur les producteurs locaux.
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Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique, notamment un excédent d’offre sur le marché international et l’assouplissement des restrictions à l’exportation dans certains pays producteurs. Ces conditions ont favorisé un afflux de riz vers le marché marocain, accentuant la concurrence pour les opérateurs nationaux.
Selon les premières analyses, cette situation aurait déjà causé un préjudice significatif à la filière rizicole, fragilisant son équilibre économique. L’enquête, qui couvre les différentes formes de riz importé – blanchi, semi-blanchi ou en brisures – vise à déterminer si ces importations constituent une menace durable pour la production nationale.
Les parties concernées, qu’il s’agisse des importateurs, des exportateurs ou des producteurs locaux, sont invitées à contribuer à l’enquête en fournissant des données et observations dans un délai de 30 jours. La procédure devrait s’étendre sur une période de neuf mois, avec la possibilité d’être prolongée.
À l’issue de cette investigation, les autorités pourraient décider de mettre en place des mesures de sauvegarde, telles que des droits de douane supplémentaires ou des quotas, afin de rétablir l’équilibre du marché.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de vigilance face aux déséquilibres commerciaux, dans un contexte international marqué par une forte volatilité des échanges agricoles.

