Le dernier rapport de PwC dresse un constat sans appel : les métiers liés à l’intelligence artificielle bouleversent l’économie mondiale. Salaires en forte hausse, productivité démultipliée, croissance de l’emploi… Loin de menacer le marché du travail, l’IA semble en redessiner les contours, avec la France en tête du peloton européen.
Les professionnels de l’intelligence artificielle sont les grands gagnants de la mutation en cours du marché du travail. D’après une étude du cabinet PwC, relayée par La Tribune, les salariés possédant des compétences en IA gagnent en moyenne 56 % de plus que leurs homologues non formés à ces technologies.
Cette conclusion s’appuie sur l’analyse de près d’un milliard d’offres d’emploi dans le monde. Le rapport souligne une transformation profonde des métiers et des compétences, portée notamment par l’essor de l’IA générative.
En 2024, la France s’est hissée à la première place des pays européens avec plus de 166 000 offres d’emploi liées à l’IA, devant l’Allemagne (147 000) et le Royaume-Uni (125 000). Cette dynamique s’accompagne d’une croissance spectaculaire dans les secteurs les plus exposés, comme la finance ou les logiciels, où la productivité a quadruplé entre 2018 et 2024.
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Dans ces secteurs, les entreprises ont vu leur chiffre d’affaires par employé tripler par rapport aux secteurs moins exposés à l’IA comme l’hôtellerie ou l’extraction minière.
Alors que plusieurs pays réduisent leurs exigences en matière de diplômes pour les emplois IA, la France fait figure d’exception. En 2024, 62 % des emplois augmentés exigeaient un diplôme (contre 58 % en 2019), un taux qui grimpe à 52 % pour les postes automatisés (contre seulement 4 % en 2019).
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Contrairement aux idées reçues, l’automatisation ne fait pas disparaître l’emploi. En France, les métiers « augmentés » par l’IA ont progressé de 252 % entre 2019 et 2024, et les métiers automatisés de 223 %. À titre de comparaison, le Royaume-Uni affiche des hausses bien moindres (39 % et 32 %) et les États-Unis stagnent, voire reculent (-3 % pour les métiers automatisés).
Un contraste marqué avec l’Allemagne, où les exigences ont baissé sur la même période.
Pour Philippe Trouchaud, Chief Technology & Products Officer chez PwC France et Maghreb, « l’IA ne détruit pas l’emploi, elle en accroît la valeur ». Mais pour en tirer pleinement parti, il appelle les entreprises à investir dans la formation continue et à repenser leurs politiques de recrutement : « Aucun secteur ne sera épargné. Agir dès maintenant est essentiel. »

