Le monde intellectuel marocain est en deuil. L’écrivain, linguiste et lexicographe Abdelghani Abou El Azm est décédé mercredi à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui une œuvre riche qui a profondément marqué la culture et la langue arabes.
Le Maroc perd l’une de ses grandes figures intellectuelles. Abdelghani Abou El Azm s’est éteint mercredi 18 mars 2026, aux premières heures du jour, des suites d’une longue maladie, suscitant une vive émotion dans les milieux culturels et universitaires.
Né en 1941 à Marrakech, le défunt a consacré sa vie à la recherche, à l’enseignement et à la production intellectuelle. Titulaire d’un master en pensée islamique de la Sorbonne et d’un doctorat d’État en lexicographie de l’Université Hassan II, il s’est imposé comme une référence incontournable dans les sciences du langage et la lexicographie arabe.
Professeur à l’Université Hassan II de Casablanca, il a également dirigé plusieurs structures de recherche, notamment l’Unité de recherche en sciences de la langue arabe et le Centre de communication et de recherche culturelle, tout en présidant l’Association marocaine d’études lexicographiques.
Lire aussi: Rabat : présentation de l’ouvrage Les Vertus immorales, de Kebir Mustapha Ammi
Son œuvre, à la fois riche et diversifiée, couvre des domaines allant de la linguistique à la littérature, en passant par la traduction et l’édition. Il est notamment l’auteur du célèbre dictionnaire « Al-Ghani », fruit de plusieurs années de travail, devenu une référence dans le monde arabophone.
Parmi ses publications figurent des ouvrages académiques majeurs comme « Méthode et texte : Introduction à l’analyse linguistique statistique des textes littéraires », « Le dictionnaire scolaire : fondements et méthodes » ou encore « Dictionnaire de conjugaison des verbes ». Il s’est également illustré dans la traduction, notamment avec « Mille ans de vie juive au Maroc », ainsi que dans l’édition de textes classiques.
En parallèle, Abdelghani Abou El Azm s’est aventuré dans l’écriture littéraire avec des romans tels que « Le sanctuaire » et « L’autre sanctuaire », ainsi que des recueils de nouvelles, à l’image de « Les ombres de la vieille maison », offrant un regard sensible sur les mutations sociales du Maroc.
Son engagement intellectuel lui a valu le Prix du Maroc du livre en 1996, consacrant une carrière dédiée à la valorisation de la langue arabe et du patrimoine culturel marocain.
Les funérailles du défunt auront lieu ce jeudi au cimetière Achouhada à Rabat, où proches, collègues et admirateurs lui rendront un dernier hommage. Une page importante de la culture marocaine se tourne avec la disparition d’un homme qui aura profondément marqué son époque.

