Les comptes nationaux des secteurs institutionnels publiés par le Haut-Commissariat au Plan pour l’année 2024 mettent en évidence une progression du PIB en valeur, soutenue par la reprise de l’investissement et l’amélioration du revenu disponible des ménages, dans un contexte de désinflation marqué et de besoin de financement toujours présent.
Le Haut-Commissariat au Plan indique que le produit intérieur brut s’est établi à 1.596,8 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 7,9% par rapport à 2023. Cette évolution reflète à la fois l’augmentation de l’activité économique et l’atténuation des pressions inflationnistes, celles-ci s’étant limitées à 0,9% sur l’année, après les tensions observées précédemment.
La structure de la création de richesse reste dominée par les sociétés non financières et financières, qui concentrent 45,7% du PIB. Les ménages et les organisations à but non lucratif fournissant des services aux ménages contribuent pour 28,4%, tandis que les administrations publiques représentent 14,8%. La fiscalité indirecte continue de gagner en poids, les impôts sur les produits nets de subventions atteignant 11,1% du PIB, contre 10,6% un an auparavant.
Sur le plan des revenus, le revenu national brut disponible a atteint 1.709 milliards de dirhams, en progression de 7,7%. Les ménages en captent 63,1%, confirmant leur rôle central dans la dynamique de la demande intérieure, alors que la part revenant aux sociétés demeure contenue à 16,6%. Celle des administrations publiques s’établit à 20,3%.
Le revenu disponible brut des ménages a progressé de 8,6%, pour s’établir à 1.078,8 milliards de dirhams. Rapporté à la population, il atteint 28.808 dirhams par habitant. Compte tenu d’une inflation limitée, le pouvoir d’achat des ménages s’est redressé après deux exercices marqués par une forte érosion en termes réels. Cependant, la structure d’utilisation du revenu demeure inchangée : la consommation finale absorbe près de 90% des ressources, maintenant le taux d’épargne à un niveau modéré de 11,3%.
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L’investissement constitue l’un des principaux moteurs de la croissance en valeur enregistrée en 2024. La formation brute du capital fixe s’est élevée à 422,5 milliards de dirhams, en hausse de 13,9% sur un an. Cette progression est largement imputable aux sociétés, dont les dépenses d’investissement ont augmenté de près de 20% et représentent désormais plus de 59% de l’investissement total. La contribution des administrations publiques recule en proportion, tandis que celle des ménages, principalement orientée vers l’immobilier, se stabilise autour de 26%.
Malgré cette dynamique, les comptes nationaux font apparaître un besoin de financement de l’économie nationale de 18,5 milliards de dirhams, soit 1,2% du PIB, contre 1,7% en 2023. Ce déséquilibre reste essentiellement concentré au niveau des administrations publiques, dont le solde de financement demeure négatif malgré une amélioration relative.
Le financement de ce déficit s’est opéré principalement sur le marché intérieur. Le flux net des émissions du Trésor a atteint 48,8 milliards de dirhams en 2024, confirmant la prédominance de la dette domestique dans la structure de financement budgétaire. L’endettement extérieur net des administrations publiques s’est, pour sa part, élevé à 19 milliards de dirhams.
Dans l’ensemble, les comptes nationaux 2024 traduisent une amélioration des agrégats macroéconomiques en termes nominaux, portée par le redémarrage de l’investissement et la normalisation de l’inflation, tout en mettant en évidence la persistance de contraintes structurelles liées au niveau de l’épargne et au déficit de financement public.

