Malgré des éléments d’inquiétude liés à la souche à l’origine du Foyer de la croisière, la seule souche parmi les 38 connues, capable de se transmettre entre les humains par le biais de gouttelettes respiratoires, les éléments rassurants l’emportent. Le risque pandémique demeure très faible, au vu de la transmission qui reste très marginale par rapport à la transmission zoonotique (de l’animal vers l’homme), et nécessite un contact intime et prolongé comme c’est le cas lors d’une croisière (espaces communs très exigus, ventilation partagée). Les mesures nécessaires ont été prises sur le navire ainsi que lors des évacuations de certains passagers.
Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé.
Le virus
Le virus appartient à la famille des Hantaviridae. Son réservoir naturel est constitué de rongeurs, tels que les souris et les rats.
Transmission : La contamination humaine survient principalement par :
Inhalation : Respiration de poussières ou de rumeurs (aérosols) contaminées par les excréments, l’urine ou la salive des rongeurs.
Contact direct : Exposition de plaies cutanées au virus.
Morsures : Ce mode de transmission reste toutefois rare.
Risque pandémique et transmission interhumaine
La transmission entre humains est jugée très faible, voire quasi inexistante sauf pour une seule souche (la souche des Andes) parmi les 38 souches connues pour ce virus. Malheureusement c’est cette souche qui a été diagnostiquées parmi les cas de la croisière. C’est inquiétant pour le cas spécial de cette croisière, mais reste marginale pour un éventuel risque de pandémie mondiale actuellement, à moins d’une évolution du virus par mutations cumulatives facilitant sa propagation entre personnes dans l’avenir.
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Symptômes
La maladie se manifeste initialement par de la fièvre, des douleurs musculaires aiguës (dos et cuisses), de la fatigue et des maux de tête. L’évolution peut mener à :
Le Syndrome Pulmonaire à Hantavirus (SPH) : Détresse respiratoire aiguë.
La Fièvre Hémorragique avec Syndrome Rénal (FHSR) : Insuffisance rénale.
Le taux de létalité peut atteindre 50 % des cas selon les experts.
Traitement et prévention
Médical : Aucun vaccin n’est homologué mondialement et il n’existe pas de médicament antiviral spécifique. Le traitement repose sur le soutien des fonctions vitales (réanimation).
Gestes préventifs : Éviter de balayer à sec les zones contenant des traces de rongeurs pour ne pas inhaler le virus. Utiliser des désinfectants liquides (comme le chlore) pour un nettoyage humide.
Protection : Aérer les espaces clos avant le nettoyage et porter des gants et des équipements de protection.
Au Maroc
Le système de santé marocain dispose d’un système national de vigilance et de surveillance épidémiologique, ainsi que de laboratoires de référence capables de diagnostiquer d’éventuels cas importés.
Données historiques
Découverte : Bien que des maladies similaires soient décrites depuis l’an 1000, le virus a été isolé en 1976 par le Dr Ho-Wang Lee près de la rivière Hantan (Corée du Sud), dont il tire son nom.
Statistiques mondiales : Environ 150 000 cas par an (surtout en Asie de l’Est) et 200 cas par an dans les Amériques.
Environnement
Les changements climatiques et la destruction de la biodiversité perturbent l’habitat des rongeurs, favorisant l’émergence de nouveaux cas.

