Alors que le débat sur le maintien du GMT+1 refait surface au Maroc, une étude du Centre Sanabil des études et des politiques publiques (CSEPP) met en lumière un constat nuancé : au-delà des enjeux économiques, l’heure légale actuelle soulève des questions de santé publique, de productivité et d’adéquation avec le rythme biologique des Marocains. Entre bénéfices limités et impacts quotidiens concrets, le sujet divise toujours autant experts, citoyens et décideurs.
Le débat sur le maintien du GMT+1 permanent au Maroc continue de s’intensifier, porté ces derniers mois par des pétitions citoyennes et des prises de position politiques. Une étude du Centre Sanabil des études et des politiques publiques (CSEPP) vient enrichir la réflexion en dépassant le simple débat d’opinion pour analyser les impacts réels de ce choix horaire sur la société marocaine.
Depuis 2018, le Maroc fonctionne à l’heure d’été toute l’année, avec une suspension uniquement durant le mois de Ramadan. Si ce modèle avait été justifié initialement par des considérations économiques, son efficacité est aujourd’hui questionnée à la lumière de nouvelles données scientifiques et empiriques.
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Selon l’étude, le principal enjeu réside dans ce que les spécialistes appellent le désalignement circadien : un décalage entre l’horloge biologique et l’heure sociale. Concrètement, en période hivernale, le lever tardif du soleil oblige une large partie de la population à commencer la journée dans l’obscurité, ce qui perturbe le sommeil, réduit la concentration et augmente la fatigue, notamment chez les élèves et les actifs.
Sur le plan géographique, le rapport souligne que le Maroc ne présente pas les mêmes caractéristiques que les pays pour lesquels le changement d’heure a été conçu. Situé entre 30° et 35° nord, le pays connaît des variations saisonnières relativement limitées, ce qui réduit l’intérêt d’un décalage horaire permanent. À l’inverse, les effets sur le rythme biologique y sont plus marqués.
À l’échelle internationale, la tendance est d’ailleurs à la stabilisation des horaires. Plus de 170 pays ont adopté une heure fixe, tandis que le changement saisonnier recule progressivement, y compris dans plusieurs économies développées qui ont abandonné ou remis en question ce système.
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Sur le plan économique, les autorités défendent le GMT+1 notamment pour l’alignement avec les partenaires européens et la fluidité des échanges. Toutefois, les gains énergétiques sont jugés faibles, estimés à environ 0,5% de la consommation nationale, tandis que certains travaux évoquent des pertes de productivité en début de journée liées à la fatigue.
Face à ces constats, l’étude ne propose pas une rupture brutale mais des pistes d’ajustement. Parmi elles : un retour au GMT naturel, une flexibilité accrue des horaires pour les secteurs tournés vers l’international, ainsi qu’une meilleure adaptation des rythmes scolaires et professionnels.
Au final, le débat sur l’heure légale dépasse largement la question technique du fuseau horaire. Il touche à l’organisation du quotidien, à la santé publique et à la manière dont une société synchronise ses rythmes de vie avec son environnement naturel et économique.

