Soutenu par une enquête nationale inédite, le rejet du GMT+1 au Maroc s’intensifie. Santé, école, pouvoir d’achat : les impacts pointés par les citoyens remettent en cause un système de plus en plus contesté.
Le débat autour du maintien du GMT+1 au Maroc prend une nouvelle ampleur, désormais soutenu par des données chiffrées et une contestation sociale de plus en plus structurée. Une enquête nationale menée par la Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC), en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, met en lumière un rejet massif et transversal de ce régime horaire, pointant ses impacts sur la santé, l’éducation, l’économie et la vie quotidienne.
Réalisée auprès de 2.845 répondants issus de différentes catégories socioprofessionnelles et répartis sur l’ensemble du territoire, l’étude révèle que près de 70% des Marocains jugent l’impact du GMT+1 négatif sur leur qualité de vie. Ce rejet dépasse les clivages sociaux, touchant aussi bien les étudiants que les salariés ou les chefs d’entreprise, ce qui renforce sa portée dans le débat public.
Au cœur des critiques, les perturbations des rythmes biologiques. Le maintien de l’heure d’été en hiver impose une activité en décalage avec la lumière naturelle, générant un “jet-lag social” durable. Plus de 60% des personnes interrogées déclarent avoir besoin d’au moins une semaine pour retrouver un rythme de sommeil stable, tandis qu’un tiers évoque un délai supérieur à deux semaines. Cette fatigue chronique affecte directement la concentration, la productivité et le bien-être.
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Le système éducatif apparaît particulièrement fragilisé. Selon l’enquête, 65,1% des élèves jugent leur sommeil mauvais en hiver, et près de 63% estiment leur concentration faible en début de journée. Les enseignants confirment ces difficultés : 75% constatent une hausse des retards et de l’absentéisme, et aucun ne considère les élèves pleinement opérationnels lors de la première heure de cours. À cela s’ajoute une dimension sécuritaire préoccupante, avec plus de 60% des élèves et des parents exprimant un sentiment d’insécurité lors des trajets matinaux dans l’obscurité.
Sur le plan économique, l’étude met en évidence un “paradoxe énergétique” qui fragilise l’argument central du maintien du GMT+1. Contrairement aux objectifs affichés, plus de 60% des ménages et des entreprises déclarent une hausse de leurs dépenses énergétiques, notamment liée à l’éclairage et au chauffage en début de journée. Ce phénomène est accentué par les habitudes sociales marocaines, qui prolongent l’activité en soirée, annulant les gains potentiels. Le surcoût global pour les citoyens est estimé entre 166 et 466 dirhams par mois, intégrant également les frais de transport et de sécurité.
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Dans le monde du travail, les effets se traduisent par une désorganisation des horaires et une baisse de productivité. Près de 65% des employeurs signalent des retards récurrents, tandis que l’argument d’un alignement avec les marchés européens est de plus en plus contesté, notamment à l’ère du numérique.
Cette remise en question est également alimentée par des évolutions au sein même du discours institutionnel. La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a récemment reconnu l’absence de preuves d’un gain énergétique significatif en hiver, fragilisant l’un des fondements de la décision adoptée en 2018.
Face à ce constat, les préférences des citoyens sont claires : 36,3% plaident pour un retour au GMT+0 permanent, 29,6% pour une alternance saisonnière, tandis que seulement 10,4% soutiennent le maintien du système actuel. D’autres proposent des ajustements, notamment un décalage des horaires scolaires et professionnels.
En apportant une base empirique solide à un malaise largement partagé, l’enquête de la FNAC relance avec force le débat sur la “politique du temps” au Maroc. Reste désormais à savoir si cette pression sociale et scientifique débouchera sur une révision du dispositif en place.

