En visite de travail à Rabat, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a multiplié les échanges avec ses homologues marocains afin de renforcer la coopération judiciaire entre Paris et Rabat.
Moins d’un an après sa précédente visite au Maroc, Gérald Darmanin a de nouveau posé ses valises à Rabat pour une mission de deux jours placée sous le signe du renforcement de la coopération judiciaire franco-marocaine. Le ministre français de la Justice s’est entretenu avec son homologue marocain, Abdellatif Ouahbi, autour des principaux défis sécuritaires communs, dans un contexte marqué par la montée des réseaux criminels transnationaux et du narcotrafic.
Les discussions ont porté sur le renforcement des mécanismes d’entraide pénale, l’échange de renseignements et la fluidification des procédures d’extradition, devenues des leviers essentiels dans la lutte contre le grand banditisme. Selon des sources concordantes, Paris souhaite approfondir cette coopération afin d’accélérer le traitement des dossiers sensibles liés au trafic de drogue et à la criminalité organisée.
Cette dynamique bilatérale s’est illustrée récemment par des résultats concrets, notamment le transfert vers la France de deux complices présumés de Mohamed Amra, impliqué dans une évasion meurtrière en mai 2024. Un dossier emblématique qui témoigne, aux yeux des autorités françaises, de l’efficacité croissante de la coordination judiciaire avec le Maroc.
Les échanges ont également abordé des questions plus sensibles, telles que la réadmission des personnes expulsées, y compris les mineurs concernés par des procédures judiciaires, ainsi que le partage d’expertise en matière de saisie et de confiscation des avoirs criminels. Ces outils sont désormais considérés comme centraux dans les stratégies modernes de démantèlement des réseaux délictueux.
Au-delà du volet sécuritaire, la visite de Gérald Darmanin comporte une dimension économique et institutionnelle. Les deux ministres doivent coprésider à Casablanca une séquence consacrée à l’arbitrage commercial, illustrant la volonté commune d’élargir la coopération au champ du droit des affaires et de la justice économique. Le garde des Sceaux français doit également rencontrer les responsables du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, dont son premier président Mohamed Abdennabaoui, ainsi que le procureur général du Roi près la Cour de cassation, Hicham El Balaoui.

