Par : L’Écrivain Humain (Saïd Oudghiri Hassani)
À une époque où l’image vaut mille discours, Gaza se relève chaque jour des décombres, marche sur le feu et crie, avec ce qui lui reste d’air, que la vie n’est pas un choix mais un acte de résistance. Il n’est plus nécessaire de chercher des scènes atroces : elles s’imposent d’elles-mêmes. Une fillette extraite des ruines de sa maison, une mère essuyant le visage de son nourrisson mort, un jeune homme brandissant une pierre face à un char, comme s’il était le dernier rempart de la terre.
La route de l’extermination… une stratégie, non une erreur
Ce qui se passe à Gaza n’est pas un simple affrontement militaire, ni une guerre conventionnelle. C’est un projet d’extermination méthodique, ciblant tout ce qui incarne la vie : hôpitaux, écoles, boulangeries, stations d’eau, maisons et même lieux de culte. Il n’y a aucune distinction entre l’enfant et le vieillard, entre la femme portant du pain et le jeune tenant un livre. L’extermination ici n’est pas seulement physique, mais psychologique et culturelle, visant à briser l’âme palestinienne, à lui faire oublier ce qu’est la patrie.
Mais ils ont oublié que Gaza ne s’oublie pas. En elle brûle ce que ni fer ni feu ne peuvent éteindre.
Le monde regarde… et son silence est une complicité
Le spectacle le plus cruel n’est pas celui diffusé en direct sur les écrans, mais celui qui habite le silence des grandes capitales. Là où l’on convoque des réunions d’urgence, où l’on exprime des inquiétudes froides, avant de refermer les portes et de dormir en paix. Ce silence chargé d’intérêts, qui légitime les crimes de l’oppresseur, et demande à la victime de faire preuve de retenue.
Sommes-nous tombés si bas qu’on exige du blessé qu’il ne gémisse pas ? De la mère qu’elle ne crie pas en ensevelissant ses enfants ? De Gaza qu’elle se taise pour ne pas déranger l’ordre mondial fragile ?
La résistance n’est pas qu’un fusil
À Gaza, la résistance est une idée avant d’être une arme. Elle signifie poursuivre la vie malgré le blocus, nommer un enfant « Samed » (le Résilient) malgré les bombes, transformer les larmes maternelles en chants de fierté, convertir la peur des jeunes en hymne. Gaza résiste en ouvrant une école improvisée au milieu des ruines, en distribuant le pain dans des rues sans nom, en soignant les blessés avec l’aiguille de l’espoir malgré le manque de médicaments.
La résistance, ce sont les grands-mères qui racontent les histoires du retour à des enfants qui ne connaissent la patrie que par les pleurs. Ce sont les fresques dessinées sur les murs effondrés, les chants qui s’élèvent sous les gravats. Tout ce qui transforme la mort en passage, et non en destin.
Un peuple qui ne meurt pas… mais lègue la vie
Gaza n’est pas qu’un point géographique au bord de la Méditerranée. C’est une idée profonde enracinée dans la conscience de chaque esprit libre. Elle est le dernier mur debout malgré les complots, les trahisons et les connivences. Le peuple de Gaza ne fait pas que survivre… il lègue la vie génération après génération. Il plante dans chaque tombe une graine, dans chaque douleur un sens.
Ce peuple n’a pas besoin de pitié, mais de justice. Il ne demande pas de l’aide, mais la reconnaissance. Il ne veut pas qu’on le pleure, mais qu’on le soutienne.
Conclusion : L’extermination passe… mais ne traverse pas
La route de l’extermination est passée par Gaza tant de fois, à travers les sièges, les guerres, les abandons. Mais elle ne l’a jamais vraiment traversée. Car Gaza ne se brise pas. Elle nous enseigne comment se relever. Chaque pierre là-bas raconte une histoire, chaque maison détruite crie : « Ici vivait un peuple debout. »
Gaza aujourd’hui n’a pas besoin de larmes de spectateurs, mais d’une véritable prise de conscience, qui restitue au monde son humanité, et reconnaît que se taire face au crime, c’est y participer.
Gaza saigne… mais de son sang naît une lumière qui éclaire nos ténèbres.

