Coup de tonnerre à l’Assemblée nationale française : une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) appelant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 a été adoptée d’une courte majorité, 185 voix contre 184. Un vote hautement symbolique qui secoue la scène politique française et envoie un signal politique fort à Alger.
Ce jeudi 30 octobre, le Rassemblement national (RN) a obtenu un succès politique inédit à l’Assemblée nationale. Sa proposition de résolution réclamant la dénonciation de l’accord migratoire de 1968 entre la France et l’Algérie a été adoptée à une voix près, par 185 voix pour et 184 contre. Ce texte non contraignant vise à mettre fin au régime dérogatoire dont bénéficient les ressortissants algériens en matière de séjour, de prestations sociales et de regroupement familial.
Signé six ans après l’indépendance de l’Algérie, l’accord de 1968 accorde en effet des facilités particulières aux Algériens : titres de séjour de dix ans délivrés selon une procédure accélérée, accès rapide à certaines prestations sociales et conditions assouplies pour le regroupement familial.
Le député RN Guillaume Bigot, auteur du texte, a plaidé pour une « égalité de traitement entre tous les étrangers en France, quelle que soit leur origine ». « L’Algérie française, c’est fini », a-t-il lancé, en appelant à rompre avec un cadre jugé « obsolète ».
Selon un rapport parlementaire présenté mi-octobre, ces avantages représenteraient un surcoût estimé à 2 milliards d’euros par an pour les finances publiques françaises. Ce document, publié par les députés Charles Rodwell et Mathieu Lefèvre (groupe Ensemble pour la République), a mis le feu aux poudres dans l’hémicycle et ouvert la voie à une offensive politique du RN sur ce terrain sensible.
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La résolution a recueilli le soutien d’une partie des députés Les Républicains, dont le chef de file Laurent Wauquiez, qui a affirmé que « ce n’est pas contre les Algériens que la France doit se faire entendre, mais contre le gouvernement algérien ».
Pour Marine Le Pen, ce vote marque une « journée historique » pour son parti, qui parvient pour la première fois à faire adopter un texte à l’Assemblée nationale. Une victoire symbolique mais politiquement lourde, qui met en évidence les fractures de la majorité présidentielle : sur les 92 députés du groupe Ensemble, seuls 30 ont voté contre le texte, trois se sont abstenus et sept étaient absents.
Bien qu’elle ne contraigne pas le gouvernement à agir, cette résolution traduit un tournant politique : le RN parvient à imposer ses thèmes dans le débat national, tandis que la relation franco-algérienne, déjà tendue, risque de subir un nouvel épisode de crispation diplomatique.

