Selon des informations du Figaro, confirmées par BFMTV, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau reçoit ce mardi 4 février des responsables du culte musulman, dont des représentants de la Grande Mosquée de Paris.
Cette rencontre, qualifiée d’informelle, intervient dans un contexte diplomatique tendu entre la France et l’Algérie. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment dénoncé un « climat délétère » entre les deux pays, affirmant que « seul le commerce avance, tandis que le dialogue politique est quasiment interrompu ».
L’influence de l’Algérie sur l’organisation du culte musulman en France est un sujet de préoccupation récurrent. La Grande Mosquée de Paris, historiquement liée à Alger, joue un rôle central dans le culte musulman et bénéficie d’un contrôle direct ou indirect de l’État algérien
Depuis le 1er janvier 2024, la France n’accepte plus de nouveaux imams « détachés », formés et financés par des États étrangers. Cette décision avait été prise après l’expulsion vers la Tunisie de Mahjoub Mahjoubi, imam du Gard, en raison de prêches jugés polémiques. Cependant, des imams étrangers restent encore en fonction sous d’autres statuts, tandis que la formation locale reste fragmentée et influencée par divers courants idéologiques.
Connu pour ses positions fermes sur ces questions, Bruno Retailleau a toujours exprimé des réserves quant à une structuration institutionnelle du culte musulman. « Il n’y a pas d’Église dans l’islam sunnite. Ce n’est pas une religion centralisée comme peuvent l’être le judaïsme ou le catholicisme », déclarait-il en 2022 sur France Inter. « Vouloir contrôler l’islam en France par une institution créée par l’État est une illusion, voire un danger. »
Cette rencontre illustre la difficulté persistante pour l’État de trouver une approche claire et efficace dans ses échanges avec le culte musulman en France. Cette réunion permettra-t-elle de dépasser les blocages actuels ou ne sera-t-elle qu’un échange de plus sans lendemain ?

