Une enquête pénale inédite visant OpenAI et son chatbot ChatGPT a été ouverte en Floride, après une fusillade meurtrière sur un campus universitaire. Au cœur du dossier : la question sensible de la responsabilité des technologies d’intelligence artificielle.
Les autorités de Floride ont lancé une enquête pénale visant OpenAI, afin d’évaluer le rôle potentiel de son outil ChatGPT dans une attaque survenue en avril 2025 à la Florida State University, qui a fait plusieurs victimes.
Le procureur général de l’État, James Uthmeier, a indiqué que le suspect, un étudiant de 21 ans, aurait échangé avec le chatbot avant de passer à l’acte. Selon les éléments évoqués lors d’une conférence de presse, ces interactions auraient porté sur des aspects liés au choix d’équipements et à la compréhension de situations violentes, ce qui alimente aujourd’hui les interrogations des enquêteurs.
Les autorités ont annoncé leur intention d’obtenir des documents internes couvrant plusieurs années, notamment les politiques de gestion des risques et de coopération avec les forces de l’ordre. En parallèle, une procédure civile est également en cours, traduisant une montée des actions judiciaires visant les entreprises technologiques dans des affaires sensibles.
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De son côté, OpenAI a contesté toute responsabilité directe, affirmant que son outil fournit des réponses générales et qu’il intègre des mécanismes visant à détecter et limiter les usages dangereux. L’entreprise souligne par ailleurs avoir coopéré avec les autorités en transmettant des informations utiles à l’enquête.
Au-delà de ce cas, l’affaire s’inscrit dans un débat plus large sur l’impact des intelligences artificielles conversationnelles, dont l’usage s’est généralisé depuis l’émergence de ChatGPT en 2022, suivi par d’autres outils comme ceux développés par Google ou Anthropic.
Plusieurs affaires récentes, principalement dans le cadre civil, ont déjà soulevé la question de l’influence de ces technologies sur certains utilisateurs, notamment les plus vulnérables. Certaines entreprises ont même conclu des accords avec des familles dans des dossiers liés à des contenus problématiques.
L’enquête en Floride pourrait ainsi marquer un tournant. Elle pose, en filigrane, une question centrale : jusqu’où peut aller la responsabilité juridique des plateformes d’intelligence artificielle face aux usages détournés de leurs outils ? Une interrogation appelée à peser sur les futures régulations du secteur.

